L'avis la mort
Toussant, mouchant, la tête un peu douloureuse et le corps fatigué -début de crève sans doute- je me suis affalée sur le canapé et sans même m'endormir, me suis attardée sur un film d'Ozon, moi qui d'expérience ne l'apprécie guère. Mais l'affiche, un baiser de "Sophie Marceau" sur la tête de son père, une actrice que je trouve plutôt douée, et le sujet : que supporter de la vie et le libre-arbitre de vouloir l'arrêter, ont attisé ma curiosité. Le film date de 2021 et depuis est passée je crois bien une loi sur l'euthanasie.
On ne peut pas ne pas s'intéresser à la mort qui fait partie de la vie, c'est comme ça, s'il faut se résigner à quelque chose, c'est bien à ça : on est mortel. Même s'il me fait peur, sans aller jusqu'à dire que j'aime en parler, c'est un sujet que je n'aime pas éviter, alors que pour mes filles c'est tabou, ce qui ne me rendra pas immortelle pour autant. Je me souhaite seulement de les avoir vues s'être réconciliées avant que je ne meure, ce qui je l'espère leur laisse encore quelque temps.
J'ai trouvé le film d'une grande justesse de sentiment et d'une intelligence de scénario grande elle aussi. Et ai été touchée autant par le jeu extraordinaire d'André Dussolier, qui refuse après un AVC sa vie qui n'est plus qu'une survie, que par la proximité affective des deux sœurs -évidemment- dans cette épreuve qu'est la mort, voulue, demandée, revendiquée, d'un père.
Ensuite j'ai découvert que cette histoire était vraie, que c'était celle d'Emmanuelle Bernheim, (dont j'apprends par le Net qu'elle est morte il y a maintenant plusieurs années) une écrivaine dont la littérature jusque là ne m'avait pas émue, Sa femme est pourtant toujours dans ma bibliothèque, peut-être devrais-je relire ces lignes-là, oubliées, même si le sujet n'a rien à voir. En tout cas le fait que ce film vienne d'un livre me touche comme me touchera toujours ce couple mots-images.
(Note : Les photos font partie de celles que j'ai prises lors d'une récente exposition parisienne ; elles m'ont paru être en accord avec mon état d'esprit pour illustrer mon propos ; la première me semble une métaphore symbolique du questionnement et du passage vers l'autre monde ...)