Loin
Sérénité
Seulement ça, un petit matin tranquille où la seule inquiétude de vie serait le temps qui passe dans le silence troublé par une seule chose : le bruit de l'eau, ou, parfois, le chant d'un oiseau. Nostalgie, à défaut d'espoir.
Cli© pour voir s'ouvrir en grand ce silence-là, celui de la vie calme ; Alvik (Suède) © L'Oeil du Krop
On n'oublie rien de rien
On n'oublie rien du tout
On n'oublie rien de rien
On s'habitue c'est tout ...
(Jacques Brel)
Non, on ne s'habitue pas, pas à l'horreur, pas à l'absurde, mais, curieusement, on (moi en tout cas) s'habitue à vivre avec l'idée d'un danger imminent potentiel, de la vie qui bascule en une fraction de seconde (et il vaudrait mieux que ce soit la vie, là, d'un coup, plutôt que d'horribles mutilations du corps et de l'âme). On prend l'habitude (moi en tout cas) de ne plus se prendre la tête pour ce qui paraît tout à coup futile et bien plus léger qu'on ne le pensait avant. Ça ne veut pas dire faire n'importe quoi, ça ne veut pas dire se laisser aller, vivre comme avant, au contraire, c'est ça qu'on (moi en tout cas) se dit, mais avec des limites, une appréciation différente des choses. De la résignation ? Si c'est se résigner à se rendre compte qu'on mourra un jour, peut-être plus tôt qu'on ne le pensait, alors oui. La seule chose vraiment insupportable dans notre vie à nous (la mienne) en songeant aux attentats (et ça n'empêche -évidemment- pas la compassion extrême avec les autres, et pas seulement ceux qui souffrent à cause de ces évènements-là, mais à cause de toutes les infinies cruautés humaines vitales) c'est d'imaginer que ceux qu'on aime infiniment ne sont pas plus que nous à l'abri de cette folie-là.
