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chalons

Encore

Publié le par Nikole

 Souvenirs Appert-isés

 

    Encore un peu de Cabu, d'école, de souvenirs, de ceci, de cela ... j'abandonne l'idée de ne plus écrire ni parler quand j'en ai envie ... même si je me mélange les crayons dans la chronologie de tout ce qui me traverse la tête et le cœur  ... un de mes mots préférés, plus encore qu' "avant", le mot "crayon", peut-être depuis que ... Cabu et les autres.

 

Châlons, encore

(cliquez sur les photos que vous voulez voir en grand)

     À la Duduchotèque, j'y suis allée de mon petit crobar symbolique à moi -crayon- avant d'aller voir les plus gros entourant sa tombe. Sur le chemin, vision rapide du lycée d'état (son nom de l'époque) commun ... deuxième étage, coin, mes cours de français en première. 

 

Encore

 

    Un peu d'école écrivais-je plus haut ? Beaucoup ! Ce qui m'aura humainement le plus marquée de ces heures-là sera mes retrouvailles avec le collège d'antan, et certains de ses occupants, jeunes devenus vieux mais avec, comme dit Clau, toujours le même regard. Reconnaître les gens à leur regard, à leur sourire (voire leur rire), quelle belle idée !

 

(Vous vous souvenez de cette chanson-là ?)

 

    Pas de comparaison de photos avant et après, il faudrait, il faudra, que je cherche, mais des paysages et des visages d'aujourd'hui avec les souvenirs, si nombreux dans ma tête, même si curieusement ce ne sont pas toujours les mêmes que ceux des autres -avons-nous vécu les mêmes évènements ?- et la superposition d'images qui ne cadrent pas toujours : les bâtiments changent, évoluent, rajeunissent, parfois, eux, à notre inverse.

    Dans mon quartier, en sixième, il n'y avait pas  de collège, et j'ai vécu une année difficile dans un établissement scolaire un peu plus lointain -non mixte, à l'époque- où on ne pouvait pas faire un pas de travers sans se faire tancer vertement. Y compris à la cantine et avec la nourriture obligatoire (je veux voir des assiettes vides, et les plats aussi !) ; mémoire d'instants amers. Heureusement, l'année suivante, le collège Rive gauche, puis renommé Nicolas Appert (je me souviens que le jour de l'inauguration je portais une jupe marron à carreaux et un pull rose, non mais franchement pourquoi je me rappelle ça ?), une autre des célébrités de la ville, amorçait la flamboyance d'années parmi les plus fortes de mon existence. J'y découvris bien des amours, dont celui des mots et de la littérature, de la photographie, de la danse folklorique. Les profs (j'en ai déjà évoqué un, c'était ici, ou encore  ; -photos anciennes prises au collège- , où en arrière-plan de la danse, on peut voir Jacqueline Thomas, debout à droite sur les photos plus bas, aujourd'hui) nous offrirent ces enseignements-loisirs fous, ils se dépensaient sans compter, offrant leur enthousiasme, leur temps, leurs savoirs festifs, légers et profonds. Je regrette de n'avoir pas eu connaissance de la fête du cinquantenaire, sans quoi j'y aurais couru, comme je suis allée au centenaire du lycée sus-évoqué.

    Lors de ce cinquantenaire, il y avait eu un article dans la presse locale :

Encore

 (le Krop, à droite, cheveux longs ...)

Après ces retrouvailles,j'ai eu la surprise d'en lire un autre ...

Encore

  ... grâce à un élève de quatrième devenu correspondant du journal : merci à lui. Et voici une photo prise par moi cette fois, avec lui sur la photo :

 

Encore

(Claudye Colfort, Alain Choiset, Bernard Girardot, Jacqueline Thomas-Prieto)

    Il ne s'agit pas d'être nostalgiques ni de glorifier à tout prix le passé, peu-être -sans doute- enjolivé par le temps, mais quand même, non ?, c'est important les années-collège. L'école en général, primordial. Et puis, on avait la vie devant nous, avec un espoir fou de l'après, même mystérieux. Je ne vous apprendrai rien en disant, une fois de plus, que dans ma vie l'école a toujours été mon pays, celui où j'avais l'impression de voyager le plus, celui où toutes les fenêtres me semblaient entrouvertes sur l'avenir, celui des enthousiasmes, de la camaraderie, du partage, et bien sûr, du savoir. Pour cela, il faut des humains, de "grands" humains. Comme notre prof de français Jean-Pierre Échène, et comme Jacqueline, émue de nous retrouver, qui l'a été aussi.

    Le même jour, nous avions "pélerinagé" rue Oradour dans un collège que je ne reconnaissais pas, car il avait fait peau neuve et changé d'architecture. Accueillis avec attention, voire émotion, nous avons baguenaudé dans un lieu silencieux, différent, mais à la hauteur de notre bon vieux collège de jadis. Moins "habité"? Plus luxueux. Un collège "privilégié" comme on n'en imagine pas toujours à la une des infos.

 

Encore

    Bon, je sais bien, cette image "c'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup ..." :-)

 

Encore

   

    Voilà ! Je pourrais parler encore et encore, au risque de passer pour obsessionnelle, de tous les souvenirs qui me sont remontés en vrac à la tête et au cœur dans ces escaliers et le long de ces couloirs : les blouses roses et bleues (avec le nom et la classe brodés, sisi !), les récitations sur l'estrade, avec une élève qui demandait à se retourner pour être moins intimidée, le maître des "transitions", le seul de l'établissement à porter une blouse grise, les cours tragiques de sciences nat où on faisait encore, alors, des expériences sur les grenouilles, les petites amours platoniques, un jeu de rugby boueux un matin dans la verdure, rosa rosa rosam, une prof de géo avec l'accent du Sud ("tout au long de l'ann-née !), les disques passés en cours de musique et ceux pendant qu'on brodait en cours de couture (c'était la même prof), les heures d'étude et le pion à veste de tweed qui me plaisait bien et qui pourtant faisait tout le temps la gueule, les répèt de danses folkloriques yougoslaves, le pied ! (je ne me rappelle que ce loisir et non les cours de gym "officiels", curieusement ! ... toutes les mémoires sont sélectives), les séances au labo-photo ... foutreciel, on y passait du temps dans ce collège, les profs étaient aussi animateurs culturels en fait, c'était presque -presque- une famille, une autre. Ce sont les senteurs d'un bouquet passé, subtil et doux -à chacun ses madeleines- que je respirais alors dans les couloirs, en marchant lentement, avec un curieux sentiment de gratitude.

 

Encore

 

    Et pour clore cet article, je vous propose d'écouter chanter le mot qui l'ouvrit :

 

 Graham Nash chez Georges Lang, "Encore"

 

Publié dans Châlons

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