AVEC LA TÊTE (7)
D comme (un) D I M A N C H E
S'il est une phase de la journée qui m'est désagréable, le dimanche, c'est celle du début de l'après-midi, parce que c'est un moment qui me donne le vertige. Instant trop plein et trop vide : encore tout un après-midi devant soi avant que la semaine ne recommence, tant de choses à faire et tout est possible, mais en même temps, c'est déjà trop tard, après que midi sonne, c'est déjà trop tard, le temps a embrayé une accélération inéluctable, et quoi qu'on fasse, il sera trop court. Dans ces moments-là, soit je m'étourdis dans l'action (je cours contre le temps, j'essaie de l'annihiler), le ménage, le rangement, même si quoi que je fasse, dans un appartement sans cave ni grenier, et environnée de papier -livres, souvenirs, et même paperasses- et d'objets, rien, jamais, chez moi, ne sera véritablement rangé ..., soit je rends les armes, défaite, rêveuse et abattue, et je "patate" dans mon sofa et une mélancolie sans fond (zeugme*).
Charlotte Rampling, Je suis farniente
(* le zeugme est ma figure de style préférée : c'est beau, ludique et souvent rigolo ... Pensez à me rappeler de faire un post là-dessus un jour ... quand je ne serai pas en séance de farniente ...)
© Photos :
L'oeil du Krop ...
ah non, pas celle-ci
(photo A. G.-C.)


