Accompagner

Publié le par Nikole

 

    C'est bien le moins qu'on puisse faire que d'être auprès des personnes côtoyées quand elles s'en vont définitivement. Les symboles, c'est important. Montrer à Marie-Hélène qu'on compatit, important aussi.

    Cela faisait fort longtemps que je n'étais pas entrée dans une église, a fortiori pour des obsèques, et encore plus avec la surprise d'avoir à suivre une vraie messe comme celles de mon enfance.
  
    Curieusement, la maîtresse de cérémonie (religieuse) est venue nous chercher pour nous placer au premier rang libre, à gauche. Ne laissez pas de vide auprès de lui. Sensation étrange qu'être tout près du cercueil, où Manuel reposait dans son sommeil ultime. Deux portraits de lui. Très jeune. Vieux. Quelques fleurs blanches.
Une cérémonie traditionnelle. Je ne bougeais pas. Ne chantai ni ne me signai (je ne crois pas en quelque dieu que ce soit). Larmes secrètes. Silencieuses. Le moment était diablement solennel. Et l'hommage émouvant, toujours, quand les proches racontent le mort. Voix qui s'étranglent et sourires, aussi. Mon père, c'était un esprit sain dans un corps pas très sain ... Me vient en tête, moi, sa malice. Il aurait aimé les jolis mots que ses garçons disaient de lui. Les trois fils se succèdent et disent de très  belles choses. En chacun je devine des traits de mon voisin ...

   J'avais oublié comme est longue une vraie messe. J'avais oublié la théâtralité des cérémonies religieuses. Étonnée de voir une bonne partie des gens présents communier, je l'étais aussi de voir les hosties dans les mains (à mon époque enfantine, il ne fallait pas toucher, on tirait la langue ; on n'avait pas le droit de "mâcher" non plus ... je me souviens encore de cette pâte gluante qui, à l'époque, me collait au palais !)

    On nous a demandé de lui dire adieu. De la façon qu'on souhaitait. J'ai posé ma main sur le bois clair, puis lui ai fait une révérence, comme il m'en faisait une parfois, en un geste ample de la main.

     
    On est sortis et nous sommes restés un peu à l'écart. Encore quelques instants. Les derniers.

    
    Que l'éternité te soit douce, Manu ...

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P
Athée convaincu , anti-cléricale farouche, j'aime les églises ( les bâtiments ) et le travail que ça a représenté,<br /> Romane si possible . je ne vais pas a la messe , mais pour dire au revoir a quelqu'un, j'estime qu'il ne m'est pas possible de faire passer mes idées avant les siennes ou celles de sa famille, et j'assiste aux cérémonies religieuses.
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N
Hé bien je trouve ça honnête et bienveillant (ce n'est pas exactement l'adjectif qui convient, mais je n'en trouve pas d'autre ...).<br /> Merci pour ton message.
Z
Comme ça tu es "folle de la messe"...<br /> Très bonne journée
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N
Désolée pour toi ...
Z
A chaque fois, à chaque cérémonie... j'accumule de la tristesse et comme une sorte de deuil de ces gens que j'ai apprécié (pas les autres, bien sûr, mais je ne vais pas à leurs obsèques)<br /> Je n'ose même pas prendre des nouvelles de Michel B (parkinson), de peur qu'il ne soit plus de ce monde...
N
Ah ! ah !
P
Accompagner ceux qui s'en vont, leur dire au revoir, bon voyage, que la paix soit présente, à plus tard... cela me semble important mais les messes sont trop longues à mes yeux, j'ai beaucoup de mal... Belle journée à toi. brigitte
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N
C'est vrai que c'était très long ... mais c'est une fois, "et heureusement, paske j'frais pas ça tous les jours !" ;-)<br /> Merci Plume !
B
Croire ou ne pas croire là n'est pas le problème.l'essentiel c'est d'être présent pour rendre un hommage personnel à celui ou celle avec qui on a partagé des moments de vie et qui s'en va vers d'autres cieux.<br /> Etre aussi auprès de ceux qui restent et qui sont dans le deuil. J'ai un grand respect depuis toujours pour les morts.<br /> Tu as manifesté ton soutien et ton amitié c'est cela qui est le plus important.
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N
Mais ça ne me dérange pas d'aller dans les églises, croyance ou pas.<br /> Et ... oui, le plus important : être là !<br /> Merci.
C
c'est pour un baptême, celui de mes trois neveux et nièces, que j'ai franchi le seuil d'une église (sans messe dite toutefois) je me sentais obligée par amour de la famille ... <br /> vient de mourir le voisin de mes parents, que de souvenirs d'enfance évoque ce décès, c'était un gai luron ... j'irai rendre hommage à sa famille au funérarium, mais pas à l'enterrement ...<br /> amitié .
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N
Tu me fais sourire ... tu me fais penser à ma voisine Toinette, qui "bouffe du curé", comme on dit, et qui est venue hier faire acte de présence mais est partie avant la fin ...<br /> Merci.<br /> Amitié.
B
A l'inverse de Trublion, mes souvenirs de messes avec l'abbé René, c'était orgue électronique, guitares (électriques),caisse claire cymbales, chorale de jeunes et amitiés. <br /> Puis j'ai vieilli, René est parti (bien trop tôt) et la religion a perdu sa valeur avant de tomber dans l'oubli, voire le rejet en raison de communautarismes religieux divers (même si les cathos ne sont pas et de loin les plus virulents).<br /> Dire "au revoir" à Manu était un beau moment d'accompagnement et d'empathie.<br /> j'espère que là-haut (puisqu'il y croyait), la bière sera fraiche et la table de bridge ouverte (et qu'il n'aura pas le rôle du mort)
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N
C'était bien d'être là avec lui, et que tu sois avec moi. On était plusieurs de l'immeuble, et c'était une jolie chose (même si je m'attendais à en voir plus).Tu m'as fait sourire avec les futures activités potentielles de Manu.<br /> Merci aussi pour tes souvenirs à toi ; c'est toujours émouvant pour moi quand d'autres (que moi) se racontent ici. <br /> Et ton message à toi comme celui des autres montrent un aspect autre de la religion (en général) que celui dont on entend parler aujourd'hui.<br /> Bonne journée à toi.
F
La mort est là, perpétuelle, qui enlève, un à un, autour de nous ceux qui nous sont proches. Jusqu'à ce que ce soit notre tour. Qui nous verra peut-être écarquiller les yeux d'étonnement quand elle surviendra. La mort est quelque chose d'incompréhensible, d'inadmissible. Mais bon, faudra faire avec ... Florentin
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N
C'est curieux cette expression "écarquiller les yeux d'étonnement quand elle surviendra" ... mais ça me parle, oui. Oui, faut faire avec la mort, quand on se retrouve sans la vie ... ;-)<br /> Merci et bonne journée !
M
Je suis aussi aller dire au revoir à un ami. Une cérémonie dans une église, sans chants religieux mais par contre une chanson "le déserteur" par ses petits-enfants avec guitare et violoncelle, des témoignages qui nous ont fait sourire, un moment souhaité sans doute pas triste par la famille.<br /> Je ne veux surtout pas de cérémonie longue, ennuyeuse , avec des chants religieux pour moi mais je respecte le choix de tous.<br /> Bises du soir<br /> Mireille du sablon
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N
Les conditions dans lesquelles tu as vécu ces obsèques devaient être moins disons ... lourdes ; mais l'émotion elle est intacte. <br /> Oui, il faut que les témoignages fassent sourire, et ne plombent pas davantage ce qui est déjà pesant.<br /> C'est ce que j'aurais fait si j'avais parlé, j'aurais raconté l'humour partagé avec Manu, mais sa veuve ne souhaitait d'hommage que de la famille.<br /> Préparer ses obsèques, j'en ai parlé déjà, mais avec trop peu de précision, il faut le faire ; d'autant que pour moi ce ne sera pas dans une église. <br /> Bises du matin et merci Mireille !
T
rares les messes de nos jours, c' est plutôt la crémation !<br /> Je n' aime plus les messes depuis qu' elles ne sont plus en latin,<br /> de l' introibo ad altare Dei à l' Ite, missa est !<br /> Ces derniers temps j' ai assisté à quelques adieux, difficile de ne pas éprouver de l' émotion, au moins pour ceux qui perdent un être cher !<br /> Le mort lui, voit les choses d' en haut ! <br /> Bonne soirée<br /> Amitié
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N
à zalandeau : je n'avais pas vu ton retour, sori (nulles les notifications mal foutues dans le nouvel interface !).<br /> J'ai remarqué qu'à cette messe à laquelle j'ai assisté, la fin du "Notre Père" à changé : on ne dit plus : "ne nous soumettez pas à la tentation" mais "ne nous laisse pas entrer en tentation" ! "entrer en tentation" : n'importe quoi !
Z
C'était bien en Latin "Et cum spiritu tuo"... "Pater Noster qui es in caelis"...
N
Je trouvais du charme à la messe en latin quand j'étais gosse parce que je commençais à l'apprendre, en sixième, et que reconnaître des mots, qu'on pointait du doigt, avec Marie-Odile Le Bail, à la messe, nous mettait en joie ... sinon ...<br /> J'aimerais être comme toi, et croire : sans doute cela m'aiderait-il davantage ;-)<br /> Et j'espère, oui, qu'il nous voit, et a senti cet élan vers lui, comme on l'a eu avec toutes les personnes qu'on a accompagnées à ce décisif éternel instant.<br /> Merci pour ton message et bonne journée !<br /> Amitié.