Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Passer l'éponge ...

Publié le par Nikole

 

 Passer l'éponge ...

 

... et la jeter, pas parce qu'on abandonne par désespoir, mais par lassitude, après un endroit bien nettoyé, travail bien fait, en attente d'un état des lieux à notre avantage, et parce qu'il y va de notre honneur.
    Et si elle s'est un peu irritée de la Poste, deux heures perdues pour un changement d'adresse, j'ai admiré l'endurance physique et morale, l'optimisme constant aussi, qu'il y avait dans le corps fluet et toujours déterminé, même si c'est sans agressivité, de ma fille aînée.
Partie déposer ses affaires dans le Sud, Léonie est revenue le temps de cela, du nettoyage final avant de rendre les clefs, avec tous les "quand y'en a plus y'en a encore" en vigueur dans ces moments-là. Devant son courage, il a bien fallu que j'y mette un peu du mien, et que je re-conduise dans Paris écumer les restes valides de multiples produits d'entretien, quelques livres par-ci, un grand plateau lourd oublié par là, et ce petit meuble en dépôt, qu'elle avait oublié de retirer avant le chargement final.
    L'aventure ! Je déteste conduire dans Paris, je n'ai pas de GPS, je panique un peu quand la nuit est tombée, au volant ; il aura fallu l'excellence de ma co-pilote, et un travail sur mes nerfs pour y arriver. Mais AYÈ, c'est maintenant chez moi qu'un peu de bordel s'est surajouté au mien, et qu'il faudra un dernier élagage, de dernières répartitions. Le joli petit meuble sera en dépôt chez moi cette fois en attendant son voyage en voiture, aux vacances. Impressions mélangées d'être utile en ayant aidé de diverses manières, d'en avoir bavé des ronds de chapeau (nous deux), et, le plus fort, le couple fatigue-soulagement. Fierté aussi, de mère.
    Je n'aimais pas la savoir en Afrique, rue Myrha, lieu trop alternatif pour moi, trop décalé pour ma sensibilité. Immergée un court temps, ce court temps-là, dans cette rue, je voyais la place douce et naturelle qu'elle s'était faite dans ce monde-là, saluant et connaissant les commerçants du quartier qui -en tout cas ils l'ont dit- s'attristent de son départ. Oui, ces gens-là sont ailleurs, souvent. Ils vivent beaucoup dans la rue. Mais curieusement, certains m'ont souri et dit bonjour, sans que je les connaisse. Sans doute eût-ce été différent si j'avais rencontré des drogués, des agressifs, des potentiellement dangereux. Mais là, non, j'étais juste dans un autre monde, un autre pays, ce qui a priori me dérange, mais cette fois-là, je ne m'y suis pas sentie mal.

 

Partager cet article
Repost0

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>