La violence des chocs
Il fallait que l'air circule. J'ai ouvert des fenêtres et libéré des chemins. Brise intérieure. La circulation des sèves inouïes. Erzatz d'azur. Quenouille de pluie. Respiration de l'eau. Tempête de bruissements géants.
Mais des portes ont claqué et quelque chose a chu bruyamment quelque part. Bruit de vaisselle. Tornade de faïence. Ritournelle de porcelaine. Dans l'entrée, la pendule sans aiguille (c'était là) a volé en éclats ! Brisant à jamais le temps et aussi le figeant ailleurs, dans une autre dimension peut-être. Sans doute.
Les chocs, même violents, ne s'entendent pas forcément toujours. Le corps parfois les freine, les amortit, les fait siens et les digère. Ou fait semblant de le faire. Leurres de vérité. Parfois les oreilles bourdonnent pour empêcher de les entendre. Parfois la gorge se serre et a du mal à les avaler. Angoisse : ce mot vient du latin et signifie "étroitesse", c'est pour ça ... Dans la violence des chocs, tu comprends ta chance. Tu sais maintenant comment ton histoire commence ... Bien sûr cette chanson m'est venue en tête après le titre, ou peut-être même avant, je ne sais pas. Elle a fait le lien entre la chute de l'horloge et les coups du sort qu'on reçoit en nous et qu'on transforme en maux, parfois d'une drôle de façon, sûrement souvent symbolique. Tout cela est confus. Accumulé dans des tiroirs organiques. Les clefs sont bien quelque part mais où ? Avec un peu de chance le bois a du jeu. Il faudrait forcer un peu. Ne pas se laisser aller à nos enfermements. Faire -à quel prix ?- circuler l'air.
