Troisième jour
Jeudi. Les Allassins.
Une plage par jour. IL m'emmène. On passe par la forêt, un peu au hasard. On se perd. Le gps est silencieux, perdu lui aussi. On suit des chemins, des sentiers. Il fait beau. Zones d'ombre et de soleil alternent, les bois sont des paysages à la lumière en pointillés.
Ce son qu'on entend au loin c'est l'océan mais d'où vient-il ? On repart, on revient, on fait cent pas et cent autres pas, "le sampa c'est sympa", chantait l'autre, mouais ...
Le gps retrouve sa route, enfin la nôtre, et nous guide dans la bonne direction ... le sentier devient de plus en plus sableux et à nouveau, "un" océan, enfin ...
Une fois de plus, nous sommes les maîtres du monde. Un espace immense s'offre à nous. De rares coureurs solitaires ... une cavalière, un court moment ... et puis ce surfeur fou, venu seul, et qu'on voit partir là-bas, vers une des plus hautes vagues, lointaines. Je cherche de temps en temps sa présence invisible, de peur qu'il se noie. Arrête de projeter tes peurs ma fille, les gens connaissent leurs limites et savent ce qu'ils font. Du reste, je vois régulièrement au loin le point noir de sa tête émergée, puis, sans doute tous les sept mouvements de vagues, la découpe de son corps en équilibre sur sa planche ... Les prouesses de ce type me rendent infiniment admirative.
En rentrant, on se perd à nouveau et on déjeune à l'heure du goûter.
Jeudi. Grand Village.
Il fait toujours très beau. Je vais me recueillir sur la tombe de Catherine, cette vieille dame rencontrée dans l'île et pour qui j'avais tout de suite ressenti de l'affection. J'aime l'avoir connue mais je suis triste de l'avoir connue si peu de temps. Penser à elle me cause toujours une émotion dont je ne m'explique pas la force. On se promène entre les allées. Un chat roux et un chat gris nous tiennent compagnie et se laissent caresser avec plaisir. Des poils de chat et de poussière tournent autour de moi dans le soleil.
Irraisonnablement, je dépose un mot sur la tombe de l'amie entre-v(éc)ue, comme pour lui parler ; les petits cailloux que j'ai déposés en dessinant un cœur, la dernière fois, n'ont pas bougé.
Restaurant du soir : "Le Jour du poisson" (à St-Denis) : changement de propriétaire, mais l'esprit du lieu a été conservé, ainsi que le style de la cuisine, et c'est tant mieux car c'est délicieux.
Mes photos (tombées jaunes) :
- ravioles de langoustine de la Côtinière, beurre citronné aux herbes
- merlu de La Rochelle poché au beurre blanc, chou de l'île en choucroute, coques
Sur le chemin du retour, je songe à la douceur des souvenirs et à la folle rapidité du temps qui passe.
à suivre ...




