Kronik (47)
Mercredi 26 octobre
CLIC !
Grrrr ! Prévenus, enfin, laconiquement ... -mes demandes d'explications plus précises demandées à la gardienne sont encore collées sur sa porte- on avait tout bien préparé : pousser le congélo à donf la nuit d'avant (euh, le frigo est même descendu au-dessous de zéro) ... mis le réveil plus tôt pour que le travailleur ne soit éventuellement pas bloqué par la porte électrique du parking ... je l'ai littéralement poussé avant huit heures ... mon angoisse des enfermements !
Je n'ai pas allumé l'ordi ni la télé, j'ai laissé une petite loupiote comme veilleuse pour savoir quand et quand ne plus ... et ... et, il ne s'est rien passé ... j'ai ronchonné dans mon coin en me disant que plus tard ça commencerait, plus tard ça se terminerait. Mais rien n'a eu lieu, et même encore en ce cours d'après-midi.
Essayant d 'y comprendre quelque chose, j'ai téléphoné à Valophis dont nous dépendons : "Je ne peux rien vous dire, je n'ai aucune info !" J'éructais intérieurement, j'avais envie de crier : "Mais bouge ton cul, andouille : pour me demander un surplus solidarité à mon loyer tu sais avoir des infos mais pour le reste aucun respect des locataires. Faîche ... Elle ajoute : "Je ne peux joindre le gardien, il doit être en pause." (JE M'EN FOUS !) "Je l'appellerai ..." ... d'abord c'est "une gardienne", elle pourrait le savoir,, et si c'est comme les papiers laissés sur la loge !!! "Si vous l'appelez, qu'il nous mette au courant, bordel ! (non ça, je l'ai gardé pour moi !) J'EN AI MARRE du laxisme polyvalent de cette société de merdouille-pedzouilles !!!! Ahhhh ! Ça fait du bien de gueuler un peu, même ici ! Pressurisée par cette matinée, même si je reconnais que -peut-être- ma colère est disproportionnée au peu d'impact sur la vie de l'immeuble, je me suis attrapé une migraine ophtalmique ... "Présent crénelé !" ; ouais, ben moi j'y tiens, aux principes : tu dis quelque chose, TU LE FAIS, et si tu ne fais pas, TU LE DIS, TU T'EXPLIQUES ! Ça s'appelle le RESPECT.
J'ai fini par me calmer, et sortir à l'air urbain : c'était pendant le midi, y'avait pas trop grand-monde. Royalement, pour me consoler, je me suis offert une assiette de pirogis (la moitié aux patates, la moitié au chou) au snack de la Polack Beata : c'était bon ... pourquoi les autres ne mangeaient-ils que des salades ?
En saurai-je plus ou pas ? Mystères et boules de rogomme ! J'ai tout ouvert les nappareils utiles à ma vie, j'espère que ça ne va pas disjoncter à un moment ou à un autre ...
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Regardé par bouts ces derniers jours "Les adieux à la reine" de B. Jacquot ! Quelle déception ! Comment ce film a-t-il pu avoir un prix ? Certes, le personnage de la lectrice est un très beau rôle, et Léa Seydoux y nuance sa beauté et sa sensualité avec beaucoup d'élégance, mais à part ça ? Une Marie-Antoinette loin d'être royale, un château sans profondeur tragique, alors que quand même, il est question de mort les jours qui suivirent ce quatorze juillet.
J'allais me fâcher, encore, parce que Metz est prononcé Metz, comme il s'écrit, alors qu'aujourd'hui la ville se prononce "mess", mais j'ai vérifié et la prononciation actuelle date du XIXe siècle ... soit !
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Il fallait bien que ça arrive un jour : Pierre Soulages est mort ... cent-deux ans, c'est pas mal ! J'avais fait, sur ce blog, un reportage sur lui : je vous invite à y jeter un coup d'œil, c'était ICI. La lumière du noir, et des sombres, et des facettes, et des reflets, et des épaisseurs, l'œil de côté, la tête penchée ; Soulages puissant, magistral. Démiurge.
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Instagram de nourritures terrestres (Tu prends pas ton plat en photo ? Ouais, pourquoi pas hmmm ? La honte ? Tant pis, "c'est bon la honte", parfois ...) ; le fromage fondant-fondu rallie tous les suffrages : à gauche (je précise le contenu de deux plats qui sous une apparence identique sont quelque peu différents), pommes de terre et chou-fleur pour la coloc végétarienne, à droite, endives au jambon (à la Claudel ... Philippe hein, pas Paul ! c'est-à-dire avec des oignons compotés). La béchamel ? Une invention diabolique divine !
Jeudi 27 octobre
Encore un matin aux lumières flamboyantes ; jamais je ne me lasserai de "ce monde-là" !
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Appris que les agents de la RATP se verront remettre une prime s'ils travaillent trois mois d'affilée sans absentéisme !!! Monde de dingues. Les primes, d'ailleurs, y font florès, allant jusqu'à gratifier de sept euros par an une prime d'usure de chaussures ; certes, c'est peu, mais si je vous dis qu'il s'agit de chaussures ... fournies, ça ne vous fait pas rictusser ? !
Clownerie ! Cinéma ! Tant mieux pour eux si on leur donne du fric en plus, mais les remercier de ne pas être absents, je trouve ça absolument fou. Quand je constate, de plus, les grèves dudit secteur, j'ai mal pour les traîne-misère travaillant, oubliés, avec un salaire de m.... sans défense aucune de personne, et qui doivent ressentir dans leurs tripes ce que c'est que l'abandon et l'injustice !
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En allant à l'atelier-théâtre2, à l'angle du boulevard et de la rue de Verdun, je marche là-dessus, et je m'étonne, et je souris.
Vendredi 28 octobre
À quoi bon tenter de remplacer les médicaments par des produits plus "naturels", si votre corps montre à la suite de son ingestion des manifestations pour le moins étranges et désagréables ? J'ai tenté, à la place des statines chimiques, les statines de la levure rouge de riz. Fourmillements, tétanisations du "visage droit" ! Pfff ! Encore ! L'ostéo, l'autre jour, m'a fait grimacer "médicalement" en de savantes élongations des muscles de la mâchoire ; joue droite trèèès tendue. Mais c'est quoi ce truc de mon "côté droit" à la fin ? Encore aller voir ma "Boulangère" anti-pétrin (ma toubibe a pour nom Boulanger) et m'enquérir des subtilités paradoxales de la Nature ? Laquelle n'est pas forcément clémente. La belladone -atropa belladona- et le datura, par exemple, sont bien des plantes, mais toxiques ; je les cite parce que j'aime bien leur nom et qu'ils me rappellent des souvenirs : pour la première, le film Le Messager, de Losey -le jeune garçon y fait des imprécations avec la plante-dilateuse-de-pupilles- (je le vis, ce film, lycéenne, en voyage à Paris, en plus d'un café-théâtre, de mon premier restau chinois et d'une visite à l'Assemblée nationale, le tout orchestré par notre prof d'histoire-géo de l'époque, Bruno Bourg-Broc, qui s'y voyait déjà, chez les politiques, et qui y aura sa place un jour) ; le second mot, "datura", je le revois sur un dossier que je confectionnai un jour pour un dictionnaire.
Samedi 29 octobre
Il m'a fallu sortir très tôt. Calme envié des silences d'aurore au petit matin. Déjà des gens dans les rues, doux et calmes, pas encore énervés-excités par les trépidations de la machine de la vie. Beaucoup de téléphones greffés. À cette femme âgée qui, avec son aide, tourne, avance, recule, semble chercher une adresse ... pourquoi ne pas me demander,"parler" ; à ces toutes jeunes filles en train de fumer, sur la place ; à cet homme contre le mur, avec son petit café encartonné.
Et puis, libre, lui, attentif, fixe, figé dans la lecture de son journal, en plein milieu du trottoir, de guingois sur des jambes incertaines, un vieil homme. C'était une statue à la digne posture que j'allais photographier dans sa superbe, quand je me suis aperçue que j'avais oublié mon appareil photo dans mon entrée ! ahhhh ! Je me serais baffée !
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Mon film canapesque post-prandial sur les propositions-visionnage : "Road house", un truc violent avec beaucoup de bagarres (façon cape et épée mais dans les bars, vous savez, ces bastonnades où les mecs se défoncent et où ils peuvent le faire très longtemps avec la même vigueur sans tomber faibles, et même se retrouver un quart d'heure après frais comme la pâquerette doucement abreuvée de fraîche rosée) bons-méchants, et de la vengeance comme j'aime envers les pourris. Découvert l'acteur Sam Eliott, follement sexy, en tout cas à l'époque.
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Le soir, les programmes télé étant toujours hiératiques d'un vide sidéral inattractif, j'ai encore plongé dans les tiroirs d'arte, et regardé le film "Barbara" et son atmosphère glauque est-allemande. Affligeant, fort et édifiant. Que faire, entre la tentation de fuir et celle de se sentir moralement obligé de résister "en l'état" ?
La liberté et sa question, le générique du film la délaye en une longue chanson du groupe Chic : At last I am free.
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Et tiens, un peu de légèreté humoristique concernant les abrutis cuculspascultivés :
(emprunté quelque part : j'adore !)
Dimanche 30 octobre
Petit-dèj devant un docu évoquant James Joyce et son "Ulysse" ... ça donnerait presque envie ...
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Effacé par une fausse manip plusieurs photos dont une vue iranienne de longue cohorte de femmes et d'hommes vers le cimetière de la martyrisée avec en premier plan une fille fière, à la chevelure libre, qui lève son poing vers l'espoir. Mon cœur saigne encore et toujours pour toutes ces personnes assoiffées d'avenir et qui n'en peuvent prendre l'envol, entravé par des assassins ! Le danger qu'encourent tous ces gens courageux, et leur mort assurément programmée, me terrifie et me révolte.










