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En amont

Publié le par Nikole

    C'est bien dommage de travailler
    Chaque jour pour gagner sa vie faut se lever
    Mais pour le reste heureusement
    Merci la vie l'amour ça fait passer le temps

 


    Le vieux monsieur qui chantait ça est mort et cela, une fois de plus, me rappelle ma maman, car elle aimait bien cet homme joli fluet et rieur, et ses ritournelles. J'aimais bien aussi, d'ailleurs, je trouvais ça frais et alerte.
Comme pour d'autres alternant chansons drôles et chansons romantiques, ce sont ces dernières que je préférais, souriantes, légères, joyeuses.

    Pour le blond (tes cheveux d'un blond de rêve), et le bleu (tes yeux bleus comme un ciel immense), c'est cette chanson-là qui me fait encore plus penser à ma maman :

 

 
   J'ai ptêt même bien hérité du disque. Faudrait que je regarde ...

 

   Avant-hier fut un jour plein de paroles, de morts, de chansons, de musique et de souvenirs. Plaisir et surprise de renouer au téléphone avec un cousin perdu de vue depuis quarante ans ou même plus. Des souvenirs de nos enfances aussi frais que je puis en avoir moi-même, comme cette crème que je faisais à la dinette en mélangeant du chocolat et de l'eau. Famille éclatée, inconnue, éparpillée. J'ai parlé récemment de ma tante Suzanne, Jacques est le fils aîné de ma tante Sophie. Ma mère était la plus grande (en âge) des trois sœurs, et il y avait quatre garçons. On a fait le compte. "Il n'en reste plus que deux, des personnes de la fratrie", me dit-il. "Non, tu oublies Jacky." Et c'est comme ça que je découvre au détour d'une phrase brute de décoffrage que mon oncle Jacky est mort depuis plusieurs années. On ne se voyait pas, et la dernière fois, il y a si longtemps ? on s'était promis de se revoir, après des moments passés ensemble d'une grande douceur. On est tous dans notre coin et on croit qu'on a encore le temps ; on se plante chaque fois. On est paresseux, on n'a pas trop envie de bouger, et après tout, si vraiment on avait  voulu, on l'aurait fait. Jacques, exilé en Charente, revient régulièrement à Paris : on tiendra notre promesse de se revoir. Moments troublants, souvenirs en nombre qui se croisent, se chevauchent. J'ai même appris des choses sur le père "inconnu" de ma mère, Jacques les tenait de sa propre mère. Dingue le nombre d'émotions qui m'ont traversée ce jour.


    Et puis, au théâtre1, le metteur en scène qui se met à parler d'un village sans savoir que c'est celui de mon enfance ! Oui, journée du passé, du souvenir, des origines, des racines. Des évocations tendres. Les lointains ...

 

En amont

 

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