KroniKs ?
Je pense commencer n'importe où, n'importe comment, et le continuer au jour le jour, suivant l'inspiration du jour et de la circonstance, pourvu que l'inspiration soit vive. (Baudelaire, Mon cœur mis à nu)
Écrire, lire entre les lignes
photo JLM (archives)
Cela fait un moment que je me pose la question du bien-fondé de mes chroniques, sans doute de plus en plus
intimes. Intime, le mot est intéressant, et mérite peut-être d'être discuté. Mais je ne le ferai pas. Je l'ai écrit
déjà, les mots qui émergent sont ceux, précisément, qui ... émergent, comme des vagues plus hautes, plus salées,
plus visibles que d'autres, fût-ce dans les détails, ponctuels, temporaires. La vie est une succession de ça aussi,
de détails.
Peut-être mon temps est-il perdu à m'éparpiller à travers ces contes introspectifs où le plus important est le
fait d'écrire. C'est sans doute nombriliste vu de l'extérieur et pourtant, à peine les mots racontés le sont-ils que
ce ne sont plus les miens, détachés, et la peau du lézard, de la lézarde, est tombée, prête à renaître encore dans
le pas suivant, différent, semblable.
Je préférerais écrire autre chose, un roman, des poèmes, plutôt que ce récit réel de mes jours. Mais je n'ai
jamais su canaliser mes mots en chemins suivis, et n'ai que ce blog qui m'est une province, et beaucoup davantage,
où le faire, pour me sentir exister un peu plus, mais sans savoir si ça me fait avancer ou, au contraire, continuer
de me restreindre dans un carré clos, et même clôturé. Une sorte de cage dorée confortable. Je ne sais pas si
elle me satisfait encore mais je ne sais pas faire autrement.
Ces pages nues sont mues par la sincérité, mais est-ce que cela suffit pour faire de la littérature ?
