éKlats 26/52 - 3/3
Lumière et silence. La rue était si sereine, quand j'y passai ce jour-là ... Quelquefois les perspectives sont attrayantes ...
Sans même attendre la définitive qui aura lieu dans une semaine, je crains cette soirée et ses résultats, parce qu'elle sera le signe évident d'une fracture entre les gens. J'ai tenté d'écouter les un(e)s et les autres mais je suis rapidement triste, voire en rage devant l'hypocrisie, la méchanceté, la bêtise crasse, ignorante et pourtant affirmée de la majorité des gens qui s'expriment. J'ai la sensation que la plupart vit dans un monde irréel, virtuel, et n'utilise que ce qui sert à étayer ses avis péremptoires. Il n'y a qu'en poésie qu'on peut dire bleue une orange ; dans la réalité, une orange est orange, et je crains l'avènement des plantations de sanguines, qui d'ailleurs sont déjà là, remplies de vers, et pas poétiques, ceux-là ...
Entre autres sujets évoqués pendant cette campagne-spectacle (celui de grand guignol), on aura beaucoup mis en avant l'antisémitisme. On parle beaucoup des juifs en ce moment, et d'Israël. Cela m'a ramenée, comme souvent ou toujours, à mon passé, celui d'étudiante : j'étais alors en cité universitaire, et nous y avions une salle de loisirs, dont je ne me rappelle que l'imposante collection de vinyles qu'elle renfermait. J'étais absente, de près ou de loin, de toute considération politique sur quoi que ce soit (les seuls avis que j'avais étaient en gros juste ceux qui pouvaient contrarier ceux du père, ils ne se justifiaient donc pas par une quelconque réflexion !). J'ai découvert là un disque : je me souviens encore aujourd'hui de sa pochette (j'ai retrouvé sur Youtube quelque chose du même ordre, mais pas similaire). Il s'agissait de chants des Karmon Israëli. Je les écoutais souvent.
(Cette chanson, Dodi li, douce, tendre, je peux l'écouter en boucle ... d'ailleurs, je le fais parfois ...)
La mélodie et la sorte de mélancolie heureuse qu'elles provoquaient en moi, comme seuls savent le faire certaines musiques, certains airs, me bouleversaient. D'autres me faisaient danser, ce qui était d'ailleurs un de leurs buts.
Quelques années auparavant, au collège, notre prof de gym nous avait fait beaucoup danser. Des chorégraphies de bien des pays différents. Et je me souviens parfaitement de celle-ci (hélas inachevée sur la vidéo !):
La danse m'a toujours mise en joie :
© J.-P. Échène

