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Sortie matinale

Publié le par Nikole

    La contrainte de la dernière levée du samedi m’a fait sortir avant la fin de la matinée. Je voulais que parte mon courrier aujourd’hui, ou du moins que la Poste l’ait enregistré.
On devrait toujours sortir le matin, qui est sans (aucun) doute le plus beau moment de la journée.
Le froid était sec et la lumière était froide. Mais de la brillance des trémies de sel.
Un pur bonheur.

 

    Il y avait peu de gens dans les rues. Mais pléthore au monop. Dans les interminables files d’attente, les gens s'impatientaient, voire abandonnaient, quitte à redéposer leur panier quand il ne contenait que quelques articles. Bêtement, j'ai mis du temps à me rappeler que j'avais un livre à disposition (on devrait toujours avoir des mots pas loin) et l'impatience m'en fut amoindrie. N'était la dame, derrière, qui me frottait avec son sac comme si ça pouvait nous faire avancer plus vite, la situation me semblait presque amusante.
    J'apprendrai plus tard (sur Internet) que le magasin s'étant fait cambrioler dans la nuit, les machines automatiques ne fonctionnaient pas ce jour. Perso, si ça pouvait les shunter du paysage, et donner de l'emploi à plus de caisses humaines, cela me ferait presque plaisir.
    Tout à coup, seconde de panique : je me mets à farfouiller dans mon sac
(non, il ne s'agit pas de mon porte-monnaie, même si, précisément, en écrivant ces lignes, je ne sais plus où il est, véritable autre
seconde de panique, et je me précipite pour le chercher ... et le trouver, ouf !)  ... où je ne trouve pas le bonnet que je pensais y voir. Certes je l'ai ôté de ma tête, je m'en souviens, mais pour le poser où ? L'attente à la caisse m'est du coup aussi longue que pour les autres, je veux vite refaire le chemin à l'envers et explorer les stands où j'ai regardé quelque chose ... Je file à l'accueil, rien : mauvais signe, puis à la parapharmacie, puis, puis ... puis la contrariété me gagne comme la fois où j'ai oublié mon parapluie neuf-petits-cœurs, aux dernières vacances, dans un restau de ce petit village (en Aveyron ?), en faisant tout le magasin. Je retourne à la parapharmacie et arbore soudain un sourire béat et soulagé en découvrant dans un coin derrière la caisse mon bonnet vert. Que j'avais posé devant moi quand j'avais acheté un savon rose !

Franchement, n'eût-ce pas été tristissime d'avoir perdu un bonnet aussi seyant, aussi discret ?!

      Tous les commerces n'ont pas encore rouvert dans mon quartier, leur date officielle, pour certains, étant probablement liée à la rentrée des classes maintenant proche après les vacances de Noël, mais le café-tabac du coin est toujours vivant avec ses habitués, souvent de vieilles personnes. J'aime bien assister aux conversations derrière la vitre-vitrine, et essaie de choper leur image sans me faire voir ...

   

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