Carpe momenta vitae ...
Parfois j'ai cette image de moi, parfaite égoïste enfermée dans sa bulle protectrice en refusant les flammes de l'enfer (sur terre).
J'assume. Voire je revendique, je peux.
J'ai écrit un jour que quand on est conscient du Mal sur le monde, qu'on ne le supporte pas ou plus, qu'on n'a pas, plus envie de se battre, la seule action qui serait logique, serait l'écart : se retirer. Ou le suicide.
Je ne suis pas suicidaire. Pas du tout du tout du tout. Alors je me retire. La plupart du temps.
Dans mon atelier de vie.
Et si je sors, c'est dans les endroits que je connais ; sans quoi je suis toujours, d'instinct, inquiète.
La peur ? Je ne sais pas. La lassitude méfiante, bien plutôt, d'avoir à subir d'éventuels actes répétitifs, d'éventuelles choses gonflantes qui sont trop malaisantes pour ne pas finir par me mettre en rage.
Je ne suis pas vaccinée contre la rage.
Fin du préambule.
Journée :
Petit dèj tranquille. Sudoku. Quatre mots tirés du dictionnaire à se rappeler dans la journée. Se préparer mollement. Mettre -quand même- du soin à le faire -se présenter aux autres avec un minimum d'apparence (la vie est un théâtre)- pour donner une impression positive. Enfiler son manteau. Sortir. Monter la côte qui mène au pilates. Souffrir volontairement trois quarts d'heure (pour préserver son corps). En sortant, tard -il est plus de treize heures- n'avoir pas le courage de préparer à manger.
Le Tupinamba-restaurant-refuge est sur le chemin.
Prendre du plaisir. Être bien et s'affaler là quelques instants.
Sortir, à nouveau, dans le froid, sans bonnet (en s'auto-flagellant mentalement de n'avoir, comme d'habitude, pas fait attention à la météo, laquelle est auréolée d'un air cinglant vivement).
Descendre l'avenue en écoutant la vie, qu'on espère lente et longue.
S'installer pour un repos, mérité ou pas, on s'en fout, c'est nous qu'on décide l'idée qu'elle est bonne.
Se taper deux épisodes d'une série, l'un contre l'autre, sous le plaid, comme des vieux (on l'est ! Et quand bien même ! ...) Se retenir pour ne pas enquiller sur la suite. Sinon, je terminerais.
Regarder par la fenêtre et, en plaignant -quand même- les gens, en contrebas, soumis à cette froide vision pluvieuse, me réjouir de ma retraite, aux deux sens du terme. Ici. Dans mon pays de confortable glandouille.