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Publié le par Nikole

    Dans le domaine de la création, j'aime, j'adore (et plus que la salsa del pomodore) écrire, et photographier. Deux activités dont la plupart des gens se moquent comme de leur première salade de tomates : écrire, pour quoi faire ? La photo ? Tout le monde est photographe avec son téléphone portable à tout faire (sauf le café, mais ça viendra bien un jour), pas de quoi en faire un fromage. C'est assez frustrant, même si avec le temps je parviens à me détacher de l'importance que ça peut prendre pour moi, cette indifférence.

    Écrire, je ne le fais guère qu'ici, photographier, je le fais maintes fois, partout. Mon appareil est, souvent, le prolongement de ma main, de mon œil, de mon cerveau (?). Comme le téléphone, me rétorquerez-vous. Certes ! Et je peux comprendre cette remarque. De même que certain(e)s pourront dire que je suis accro aux mots et aux images qui font mon univers, d'autres diront qu'ils sont accros à leur jouet-esclave. Mais un élément diffère, la discrétion versus l'exhibition. Je n'impose rien, quand on m'impose la vision de forêt de zombies, la liberté ! La liberté-Métropolis. La plupart du temps, c'est le nombre, l'accumulation, qu'on ne supporte pas.

    Dans les expos, je ne comprends pas pourquoi les gens prennent les photos en photo et les tableaux en photo. Je le fais aussi pourtant, dans l'idée vague que j'aurai(s) peut-être envie d'en parler dans un texte. Je serais curieuse de savoir ce que font les gens de ces documents, à quoi ils leur servent, s'ils reviennent dessus ou si ces images dorment à jamais dans un coin de tiroir virtuel. Je garde beaucoup, je jette beaucoup, et eux, que font-ils de ça ? Je suis curieuse de ce que font les gens, même ceux que je ne connais pas. L'inverse des autres à mon égard, somme toute. Dans ces expos-là, ce qui m'intéresse le plus, ce sont les spectateurs, leurs attitudes, leurs gestes : je ne remarque pas de gens qui photographient des gens, dans les expos.

    Lors de rares pièces de théâtre vues, j'ai scrupule à prendre des photos. Comme je me mets si c'est possible au premier rang, je ne veux pas potentiellement troubler les acteurs (même si je sais pour avoir pratiqué le théâtre que l'attention n'est pas tournée vers la salle, et qu'on ne la voit pas) ni gêner les gens derrière moi. Alors il m'arrive d'en prendre, mais rapido, pas souvent, et avec le plus de douceur possible. La seule photo que je m'autorise en toute quiétude est celle du salut final.

    Quand il s'agit de gens que je connais, j'envoie les photos prises. Mais là encore, et je ne comprends pas s'il s'agit d'un manque d'intérêt, de politesse ou les deux, j'ai rarement des retours, même d'accusés de réception simples. Et même, les plus accros à l'électronique argüent du fait qu'ils n'ont pas pu ouvrir le lien, si j'insiste en demandant un accusé de réception tant que je n'en n'ai pas (ne serait-ce que parce que réellement il est des choses qui se perdent dans les limbes du Net, j'en ai eu la preuve).

    Alors les photos, pour qu'elles aient un semblant de vie après leur prise, je les poste, certes avec parcimonie, sur Aminus, bien que le plus souvent ce soit plus un café du commerce qu'un repère d'amoureux de la photographie et qui en parlent, et ça aussi ça c'est parfois frustrant, même si j'ai plaisir par ailleurs à le fréquenter, ce couarail, comme on dit en Lorraine.

    Avant le changement de présentation de ce blog, au moins, quand on postait des photos, on pouvait, en les cliquant, les voir en grand, et cela les mettait en valeur et pouvait apporter un certain plaisir, mais ce n'est plus le cas : certes on peut les présenter en grand, au départ, figées, mais ce n'est pas la même démarche, ni, au final, le même ressenti. Et puis je n'aime pas les grandes photos a priori, c'est comme les capitales par rapport aux minuscules, si je le faisais, j'aurais l'impression de crier ; et si je le fais, c'est peut-être que je voudrai crier.

    Il y a quelque temps je suis allée à une soirée-cabaret jouée par mes ancien(ne)s collègues de théâtre, et j'ai pris quelques photos. À quoi m'attendais-je donc ? Pratiquement aucun retour et aucun merci. Si on avait fait ça pour moi, j'aurais eu une certaine reconnaissance, un certain intérêt. Ils jouent à nouveau et je vais y retourner, parce que j'avais beaucoup aimé (et même j'aurais aimé jouer avec eux, mais ça, c'est une autre histoire). J'ai hésité, parce que je vais encore avoir envie de prendre des photos, même peu. Mais qu'en ferai-je ensuite ? Les leur enverrai-je ? Sans doute, par orgueil, ne pourrai-je pas m'en empêcher. Ou alors, même amoindries, je les poserai ici, un autre, mais un tiroir où il y a quelques humains. Qui me parlent. Quand ils me parlent. On ne saurait intéresser tout le monde. Ou vouloir pousser à s'exprimer si l'on n'en a pas envie, même si l'on est proche. Peu ou prou.

    Du coup, les photos de la dernière fois, une partie, joueurs et spectateurs, pourquoi ne pas les présenter tout de suite sur cette table ? Ces miettes-là ne mangent pas d'pain.

 

 


 


 

 

 


 

 

 

 

 

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