Kronikole sem. 52, fin 2023
Noël est passé. Ses petites lumières chaleureuses, réconfortantes et éphémères. Restera le flou des souvenirs et de quelques instants festifs ou doux-amers parfois, abolis par la magie de l'amour.
Il y a peu, ici, j'ai posté une porte recouverte d'affiches d'otages déchirées. Au même endroit, elles ont été remplacées, puis déchirées à nouveau. Inhumanité basique.
Insécurité des corps. Inquiète, trois jours après la fin du précédent traitement, j'ai à nouveau fait du manège, essentiellement au lever et au coucher. Et toujours la crainte de la pérennisation des choses désagréables.
Mes filles m'ont maternée et obligée à boire (de l'eau), moi qui le fais si peu, trop peu, depuis toujours. Parfois je me force, mais ça ne dure jamais longtemps. Elles m'ont, aussi, (presque) obligée à une longue balade de santé avec elles : pendant une heure et demie, nous avons crapahuté dans le bois de Vincennes et fait le tour du lac de Daumesnil. En fait ce qu'il y a c'est que je renâcle à la marche gratuite ; se déplacer à pied, pour moi, c'est aller d'un point A à un point B parce qu'on a un but pour ça : courses, rendez-vous ... Il faut que ce soit utile. Bon, marcher pour sa santé l'est aussi, utile, mais je ne parviens pas à voir les choses sous cet angle ...
Cela dit, et cette concordance des évènements m'a troublée, le soir, et le lendemain matin, sans parler de forme olympique dans la journée, mes vertiges s'étaient arrêtés ! Mais il est manifeste que j'ai désormais une faiblesse de l'oreille interne, on dirait ! L'illustrent encore, si je n'y prends pas garde, quelques légers étourdissements ponctuels lors de certains changements de positions, ou même sans cela : ça faîche complet mais c'est comme ça ; il me faut faire mien ce proverbe : Prudence est mère de sûreté.
Sur l'utilité, on pourrait écrire des pages. Concept de philosophie particulière. La gratuité des choses, la beauté du geste, comme on dit, cela n'a pas la même résonance, ni le même raisonnement, dans chaque cerveau, ni chaque ressenti. Je me rappelle une anecdote : je racontais à des étudiants le tour de force littéraire de Perec dans son écriture d'un livre entier sans utiliser la lettre E (La disparition). Une jeune au premier rang me regarde alors, les yeux écarquillés, qui me demande : À quoi ça sert ? Je fus interloquée. Elle a raison, me dit un jour une connaissance à qui je relatais la chose, et dont je n'analysai pas le sourire adjacent : c'était du lard ou du cochon ?
Une autre fois, à la réunion parents-principal d'une de mes gamines, au collège (au lycée ?), j'entendis, derrière moi, cette phrase qui me hérissa tellement que je me retins de me retourner, certaine que je me serais réellement fâchée : Qu'est-ce qu'ils nous embêtent avec toutes ces matières ! Les gamins, il faut leur apprendre l'anglais et les maths : aujourd'hui, dans le monde, on n'a pas besoin d'autre chose ! Pauvres enfants de tels parents ! Je les plains sincèrement.
Je suis allée faire des courses en faisant une rallonge de chemin, histoire de marcher un peu plus. J'ai toujours été une élève appliquée ... au moins un temps ... Dans la file d'attente à la caisse, un bruit pas très loin, klong !, et branle-bas de combat. Accident ! se précipite une employée. Les gens quittent ladite file pour rejoindre la mienne (ben oui, seulement deux caissières, puisque les machines, paraît -mèche courte !- remplacent les humains !). Une dame, derrière moi, est dans tous ses états, secouée d'avoir cru voir mourir quelqu'un devant elle. Ce que nous avons entendu, c'est la chute d'un corps ayant heurté le sol ! Une vieille dame est là, à quelques pas, entourée après un violent malaise. Manège ? Je compatis.
Deux jours complets stables pour moi. Je guéris ???? Je le dis encore tout bas mais youpi !!!! Que cette dernière journée de 2023 vous soit bonne et belle !




