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Songe (d'une nuit d'automne)

Publié le par Nikole

   
    Depuis peu, je vais à l'aquagym. Alors je renoue avec l'eau. Originelle. Essentielle. Purifiante. Inquiétante aussi. Car si je l'aime, je la crains, tout autant. En effet, l'idée de la noyade (j'ai écrit il y a longtemps un texte fictionnel là-dessus : LIEN), comme celle de l'enterrement -vivant-, me terrifient . Lors du premier cours, je ne me suis pas du tout sentie à l'aise (même si je sais nager -mal-) bien qu'il y ait pied, mais la pression de l'eau, le manque d'équilibre, les frites en se mettant sur le dos, tout m'a découragée, et même la prof bofbof pour le moins ... Mais la deuxième fois, j'ai commencé à ré-apprivoiser ma peur et à me sentir plus à l'aise : ce n'est qu'un début, continuons etc. Je suis sortie sereine, et je vous passe la suite, qui l'est beaucoup moins, sketch hilarant (pas pour moi mais pour ceux qui m'ont vue ainsi), en panique parce que je ne retrouvais pas mon t-shirt (et je n'avais que ça en haut pour sortir !) courant partout à moitié à poil et les chaussettes trempées, ouvrant toutes les cabines et les consignes, interpellant, demandant de l'aide, complètement à l'ouest !

    Sur le sujet piscine, je pourrais écrire des pages et des pages, décrire des images gravées à jamais en moi :  celle de ma ville d'origine où on nous jetait dans la flotte (en sixième, la seule année d'école de toute ma vie où j'aie été en souffrance) à celle d'ici, tout près de chez moi, et dont il serait dommage de ne pas profiter de la proximité et du fait qu'elle ait été refaite à neuf, en passant par cette vue de moi -comme si je me regardais du haut d'une tour, point isolé dans l'eau loin des bords- à la piscine de Gentilly (à Nancy) glissée avec mon gros bide de future mère, mais si légère, dans un maillot de bain mauve, à labourer des allers-retours, la tête hors de l'eau mais sans peur, dans mon souvenir. Sans oublier, a contrario, le couloir de nage de l'hôtel à Oléron où je ne pourrai plus aller, hôtel fermé, vendu et qui sera transformé. Souvenir des trente-derniers allers-retours, juste un peu frais, mais tellement bons.

    Je rêvai ! Après être restée longtemps, comme souvent dans mes songes, dans une fête étrange, où j'étais dans la foule, mais sans que personne ne me voie, transparente comme l'eau, je m'éloignai et découvrais alors une procession de femmes, des nonnes, habillées de bleu, qui descendaient  vers un lieu, en contrebas, qui m'était caché. M'approchant, je vis leur marche courbée vers ce que je découvrais être une vieille piscine abandonnée, écorchée, où coulait un peu d'eau claire qui s'échappait. C'est vers cette gerbe aquatique fuyante que marchaient les têtes baissées. Cut/ Un changement de plan rapide mais aqueux, encore, me transporta ailleurs, où la seule chose que je me rappelle est que je pleurais sans pouvoir m'arrêter, dans des bras vides et lointains. Des larmes épaisses. Bleues.

 

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