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Kronikole semaine 30-1/2

Publié le par Nikole

 clic !

Kronikole semaine 30-1

Lundi 24 juillet

    En sortant de ma prise de sang (à jeun !), café et tartines m'appellent. Le temps que s'achève le glouglou de la cafetière, je regarde si sur Aminus une photo que j'aime beaucoup, et qui moi m'évoque Hopper, a déjà eu des coms en ce sens. Un peu déçue car ce n'est pas (encore?) le cas, je laisse en attente l'erzatz d'Edward et m'attelle à mon pain frais blanc bol de grand noir allongé. J'ouvre la télé, et ... et je tombe sur un docu racontant Hopper et son cher Massachusets ... est-ce que ça vous arrive tout le temps, à vous aussi, ce genre de choses ? Et puis ces mots rares que curieusement, tout à coup, on entend plusieurs fois dans une même journée, et plus rien ensuite. Comme si les évènements étaient analogiques, ou en mystérieux parallèles qui se rejoignent. Ô trouble renouvelé, énigmes du puzzle de nos vies !



   Encore un endroit où j'aurais aimé aller tiens ! À défaut, je me contenterai de la chanson qui le célèbre, chanté par mon cher Robin Gibb, à qui j'ai toujours trouvé un charme fou.

*

    Finalement, la plupart m'ont accordé Hopper : ça m'a fait plaisir.

*

   Par cette entourloupe dont se joue le destin, je me suis mise à avoir, dans l'oreille droite, de temps en temps, des élancements douloureux, et une douleur, de ce même côté, à la déglutition. Bien sûr, j'ai eu peur, puisque c'était soudain et incompréhensible, et chuis allée, ça tombait temporellement bien, étant en manque de médocs et en questionnement d'un truc pas clair pour moi dans mes analyses, chez ma toubibe. Qui n'y a vu que'tchi. Enfin si, je n'avais pas d'otite, c'est important, mézalors ? Vous avez des petits conduits. J'ai failli rigolé, ce qui est petit est gentil, ou joli, je ne sais plus, mais à part ça hmmm ? Et ils s'encrassent vite (horreur, moi qui prends si soin de ma propreté !) et d'ailleurs sont un peu encombrés, c'est ptêt ça. Et me voilà affublée d'un paquetage médicamenteux auriculaire, okazou ! Tu parles d'une engeance.
    Je me suis rappelé une histoire jadis racontée par ma gynéco du temps que j'étais jeune, mais qu'est-ce qui lui avait pris de me narrer ce truc qui m'avait amusée et aussi dérangée tant c'était intime. Elle me parla alors d'une de ses patientes (bon, anonymement, certes, mais quand même !) qui était laide, mais laide ! Et pourtant, ajouta-elle, vous verriez ! -euh, finalement, je ne sais pas si elle a dit vous verriez mais c'était l'idée- elle a un si joli mais si joli petit col) !!! Ce doit être ça qu'on nomme la beauté intérieure !

 

Mardi 25 juillet

    Hier soir, je ne me suis pas soigné les oreilles, d'autant que la douleur avait plutôt migré (toujours ces élancements par intermittences) sur le côté droit de la tête, en général, la tempe, principalement. J'ai seulement pris un doliprane et me suis couchée (si je meurs pendant la nuit, tu raconteras les symptômes, ai-je suggéré par skype interposé à mon homme absent ces jours).
   J'ai rêvé de LUI, chose rare.
   Ce matin, au réveil de l'oiseau, à part ce très léger bourdonnement constant, coussin auriculaire permanent, en attente et tranquille dans mon lit frais en face de la fenêtre ouverte, j'ai constaté que toute douleur s'était échappée de ma tête, oreilles comprises : je ne vais ptêt donc rien y mettre à ce jour !

*

clic !

Kronikole semaine 30-1

    Grand air dehors, et traces perlées bienfaisantes de petites pluies sur les plantes. Bonheur mouillé. Et namasté à mon kiwier florissant, feuillissant.

clic !

Kronikole semaine 30-1

*

    J'en ai marre d'avoir mal à ma langue ! Entendu (et malheureusement c'est un vague petit exemple entre dix, cent, mille autres) ce jour en zappant (je ferais mieux de laisser la télé fermée, mais j'ai cette mauvaise habitude de balayer de temps en temps) un abruti (je ne sais pas qui il est, mais je l'ai déjà aperçu sur l'écran) dire : "C'est rare que le maire va jusque là. AU S'COURS ! Mille lignes de subjonctifs présents obligatoires et au piquet, espèce de piqué, mais pas des hannetons !

*

    Les musiques qui animent, soulèvent, déploient en nous par un souffle lumineux, divin, quelque chose de doucement puissant, qui balaie un temps au moins, nos angoisses et nos peurs, et même, parfois, nos doutes.
La musique adoucit la mort !

 

(ou ici, pour plus de détails )

    Je ne pense pas souvent à regarder ce qu'arte-tv propose en guise de concerts. Mal m'en prend. Pris soudain d'une envie de musique en siestant sur le canapé, je me suis retrouvée devant un de mes groupes préférés, perdus de vue et d'oreilles depuis bien longtemps. Leur CD In a bar, under the sea, m'avait enchantée, et m'enchante toujours, du reste ; d'ailleurs à T.30 c'est une de ces chansons anciennes qui est jouée).
    J'aime leur style, que j'ai tout de suite reconnu dans le début de concert de ce nouvel album ; j'y admire la maîtrise chorale, unie, de la complexité de bouts de thèmes d'instruments inattendus ainsi et ici. J'y découvre des pulsations, des originalités heureuses qui font comme ouvrir des ailes internes, battre des mains intérieurement.
    Bon, ce n'est pas la première fois que j'illustre sonorement mes pages de leurs chansons, ici (Casser du sucre. Pur sucre) ou bien encore là (Et aussi des crayons. Le sudokuka)

*

    Je sors alors que s'éteint une seconde pluie. L'air est si frais, si vivable, si jouissif, qu'on en aurait presque déjà oublié les insupportables chaleurs proches. Marcher, là, la douceur sur la tête, lentement, est d'une plénitude simple et qu'on aimerait habituelle. Peu de monde, c'est ça aussi qui est bien.
   Une vieille femme, sur le trottoir, parle à un vieil homme, alors que la vitre du troquet les sépare.
   Je croise une petite fille, princesse sublime habillée d'une robe de tulle noir, sur une trottinette. Sa mère l'appelle de loin : Charlie, Charlie, attends-moi !
   Au Monop, je passe et repasse dans les mêmes rayons qu'une grosse mamma noire en boubou qui se dandine lentement comme dans les plus clichés des sketchs. Au bout d'un moment, elle se campe devant moi et m'interpelle : Madame, arrêtez de me suivre ! Le masque ! Une fraction de seconde, je ne sais pas si c'est du lard ou du cochon ! Puis, j'éclate de rire. Une autre version de l'humour noir !
   À la caisse, je me couche presque sur le tapis pour atteindre un séparateur d'achats. Les gens devant me regardent. La femme derrière me fait remarquer que quand même, ils auraient pu me passer le truc. J'acquiesce. En rigolant et en lui disant que si on commence par faire attention à tout, on n'en sort pas. On papote, on s'appelle toutes les deux Nicole, je le remarque en me retournant quand sa copine l'appelle. Ben oui, les années cinquante ! On évoque, on cite les "pelletées" (elle dit ce mot-là) de Nicole, Chantal, Martine, Monique ou Brigitte de cette époque-là. Je pars, on se salue : Au revoir Nicole, au revoir Nicole !
    Je rentre avec cette idée bateautissime que le temps passe vite. Qu'ai-je fait, levée de bonne heure, alors qu'il va déjà être tard. C'est le matin, c'est le soir. Léonie a cette même impression, quand elle est ici, de fracture du temps, brisé, dissous dans une faille. Hop matin ! Hop soir ! Hop spirale et trou noir !

 
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Kronikole semaine 30-1

 

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