Kronikole semaine 44
À la demande générale, je vous montre les étagères, montées, et habillées, évoquées la dernière fois ...
IL est amateur de bandes dessinées et la vitrine de la librairie du quartier a attiré son œil. Je suis entrée derrière lui, et me suis fait violence pour ne rien acheter ... Quelques jours avant, j'avais quand même voulu voir ce que ses amis avaient fait du livre inachevé de Jean Teulé pour le sortir en hommage : L'histoire du roi qui ne voulait pas mourir (!) ... peut-être en reparlerai-je, plus tard. Mais là, un poche, peut-être, quand même ... derrière le comptoir, au milieu d'autres, j'ai lorgné sur Pas dormir, de M. Darrieussecq : non que j'aime vraiment le peu de livres que j'ai lus d'elle, mais ils ne laissent, à mon sens, pas indifférents, un vrai style, un vrai monde. Je résiste. Je sors les mains vides.
Les bédés, elles sont à l'origine de ce que faisait l'artiste Lichtenstein, le Seurat pop art de la peinture américaine, dont je regardai un bout de docu pendant mon petit déjeuner.
Lancée dans un élagage impétueux de papiers conservés en vrac et au hasard : notes éparses, titres de livres, de disques, découpes de magazines, je sauve in extremis de la poubelle (recyclage papier) un article traitant de ... Pas dormir. Cette fois, je lutte pour ne pas lire la critique concernant le bouquin et plie le papier en quatre ; combien de temps vais-je tenir ? Et cela ne signifie-t-il pas que je n'ai pas abandonné l'idée de l'acheter, ce bouquin ... et comme le plus souvent, et c'est comme ça aussi pour les films, j'aime découvrir quelque chose sans en rien savoir ou presque, privilégiant la surprise, quelle qu'elle soit ...
Continuant à farfouiller, c'est sur le papier explicatif, lors de l'expo que je vis dudit Lichtenstein, que je tombe ... Tout est hasard ? C'était en 2013 et j'avais fait quelques photos, dont celle-ci, que j'aime bien :
Les photos d'œuvres ne présentant en soi aucun intérêt autre que des souvenirs comme des cartes postales -jadis- on en fait quoi ? Mais l'élément humain, c'est différent.
Opération recyclage. Pain perdu (illogique, comme nom, puisqu'il ne l'est pas). Je n'aime pas le gâchis et prends garde de ne pratiquement jeter aucune nourriture.
Si vous avez Free, une nouvelle application cinématographique gratuite s'est téléchargée il y a peu de temps : OQEE (tu parles d'un nom !). Vu (revu ?) le film "Villa Amalia" d'après le livre de Pascal Quignard, que j'avais beaucoup aimé. Atmosphère très prenante, dans les silences et les vides terriblement habités. Un film, pour moi, sur la liberté. Quand on peut se l'offrir ! Le livre m'avait beaucoup plu, sauf que j'en ai oublié la lecture, qui est donc à refaire, en espérant que le charme opérera toujours. Peut-être pas, après avoir en tête les images du film, et non plus celles que je m'étais inventées. Cela dit, le film laisse de l'amplitude au regard, et donc à l'imagination.
Dehors, la rue porte mes pensées. Après la pluie, avant la pluie, l'air vit indéniablement quelque chose de spécial, de profond, de mystérieux. Une sorte de mélancolie, mais sans aucune tristesse. D'une sorte de gris transparent impalpable, je sens un monde à côté, infiniment proche et infiniment loin, mais réel. De nombreuses fois j'ai vécu cela dans ma vie, y compris enfant, quand le souffle apaisé du monde se posait dans les traces de pas de la pluie en allée.
À défaut de travailler à se rendre voyant, comme dit Arthur, je travaille moi à me rendre visible, oh, de façon purement symbolique, et matériellement intime : j'imprime tout ce que j'ai écrit d'important sur mon blog, y compris les commentaires, les vôtres, qui vont avec. Une plateforme peut disparaître du jour au lendemain ou presque, et je serais malheureuse si certains mots (plein, en fait), qui viennent du plus profond de moi, étaient perdus. Peut-être cela ne sert-il à rien dans l'absolu, et disparaîtra avec moi, mais ça ne fait rien : ces leurres (de vérité ?) me donnent la sensation d'exister à travers ce qui est vital pour moi : les mots. Mes images, pour la plupart, aussi, au moins autant, mais ça, c'est une autre histoire.
Découvert à travers un documentaire arte que j'adorerais visiter le Kunsthaus, musée à Zurich. Je n'y pourrais éviter les incontournables mochetés à la koons (à la con, plutôt, et oui, sans majuscule à cet "artiste" que je beurke) mais j'y ai croisé, via l'écran, quelques œuvres que j'adorerais voir en vrai. Et je suis, quelle qu'elle soit, toujours attirée par l'architecture des bâtiments, qu'ils soient un peu fous dans leur conception (ce type de folie-là me va) ou au contraire, carrés carrés.
Et ça arrive, à nouveau, comme une tempête. Acouphènes. Seulement quinze jours depuis la dernière crise. J'attends même pas une heure et je prends de la cortisone. Encore. Trop souvent, même si je dose peu, mais je sais que même miraculeux, ça reste un médicament fort. En espérant que comme d'hab, ça fasse son effet. Les heures passent et rien n'opère. Pour l'instant ? Je refuse d'être déjà angoissée mais chaque fois est une nouvelle peur que le handicap s'installe à jamais. J'ai regardé sur Internet. Je vais essayer l'acupuncture. Essayer, à l'avenir, divers grigris que j'espère utiles. Vivre encore plus en aimant les moments valides, et qui ne soient pas gâtés par ce trouble, là.
Je me suis installée sur le canapé sous trois épaisseurs de couvertures. J'avais froid alors que je n'ai jamais froid. Le corps réagit au corps. Je tremblais. J'ai regardé un film qui ne soit pas angoissant, Michou d'Auber, le doigt dans l'oreille gauche à chaque bruit fort du film, parce que ça résonnait là d'dedans. J'ai essayé, j'essaie de garder mon calme. Et s'il me fallait vivre avec ça un jour, ou même maintenant, définitivement ? Il faudrait bien s'y faire, et trouver des solutions d'ajustement. Et ne jamais oublier, non plus, que ce pourrait être pire.
Au moment de me coucher, je ne me suis pas sentie bien, l'inquiétude m'a reprise et j'ai regagné la canapé avec l'idée de m'y endormir avec le son de la télé, au moins dans mon oreille droite. Encocoonnée une fois de plus dans la journée, après mon frugal repas du soir, pomme, tisane, pas terrible mais pour une fois c'est tout ce qui passait, je suis tombée sur Gérard Lanvin chanteur et la musique qui l'accompagnait a retenu toute mon attention : c'était du très bon rock, punchy comme j'aime et aussi avec des parties blues. Je me suis même dit à un moment qu'on aurait dit du Paul Personne. Mais de façon générale, les paroles m'ont elles un peu mise mal à l'aise : si c'était de la révolte, elle était bien tiède ; si c'était de la romance, elle était bien complaisante. La démarche, on le sent, était honnête, mais le résultat pas assez talentueux à mon gré. N'empêche, ce fut une bonne découverte, et pour le moins étonnante. (Trouvé un lien, ICI)
Épi tien, une chanson (douce et bluesy) de Paulo, du coup :
Mais je n'ai pas réussi à m'endormir dans la douceur et la chaleur, moi qui m'endors si facilement ainsi. Alors j'ai repris ma grosse couverture et suis allée dans mon vrai lit, mais je sentais que j'aurais du mal à m'endormir. J'ai pris un demi-somnifère et ça m'a aidée à plonger dans le noir de l'oubli.
Réveillée, la première chose a été de m'écouter. Et je m'entendais encore bien, question vrombissement. Pourtant, à y regarder écouter de plus près, il me semblait que c'était moins fort. Ah mais oui, ça l'était ! J'ai bouché mon oreille droite et à l'inverse de la veille, des sons de l'extérieur entraient dans l'oreille gauche.
J'ai repris confiance, et ai continué à me droguer encore un peu à la cortisone. Et réussi à passer la journée en me privant de sel. Allez manger une tomate, un œuf et des patates sans sel ! Ben c'est pas la joie ! Mais bon, j'ai décidé de faire des efforts. Kantifo-ifo !







