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Fantaisie glauque

Publié le par Nikole

 

Fantaisie glauque


    Mes images de la Maison des voisins (Internet, mais, mieux, ICI, chez big-bear, où d'ailleurs vous pourrez me voir), musée étrange, malaisant, visité cet été sur le conseil d'amis, je les ai remisées par devers moi en me demandant si je les sortirais un jour. Et je ne sais pas encore si je le ferai des autres. Si vous allez jeter un œil (via les liens que je propose), dites-moi s'il vous plaît quel est votre sentiment.

    Le mien est le trouble qu'on peut éprouver quand on est en face de quelque chose qui nous dépasse par la laideur, l'indigence de vie, la fixité d'une tristesse profonde. Le tout comme auréolé d'une crasse existentielle.

    En fait, je ne parviens pas à prendre du recul par rapport à ces scènes-là ; dans une moindre mesure, ça m'a fait la même chose la fois lointaine où l'on m'a emmenée au musée Grévin. Pourquoi ce monde artificiel, soit, pourquoi pas mais si laid à ma vue, comme pétrifié dans une mort de plastique cireux. Comme dans un monde d'après-monde, de mort parallèle ne présentant pour moi aucun intérêt. Pourquoi ouvrir des semblants de sarcophages ? Y vautrer son regard ?

    Mais j'ai sorti cette image : une prostituée classiquement résillée et environnée de rouge, l'œil cerné, le corps empesé par une vie lourde, la clope au bec, promène un regard torve sur le néant, à la porte d'un lupanar. Des chansons m'ont traversée, Reggiani, Brel, toute une panoplie de seins lourds et de vies résignées, soumises. La prostitution, celle-là, toutes les autres, même si elles sont différemment nommées, sont aussi un des axes du monde et de l'exploitation des femmes. La réalité.

    Dans le cinéma, le spectacle, sans doute existe-t-il des putains magnifiques, des courtisanes raffinées, dont on a l'impression qu'elles ont un pouvoir sur quelque chose d'indéfinissable, ou d'indéfini. Elles sont jeunes, belles et intelligentes, est-ce que ça suffit pour les sauver ?

 

Fantaisie glauque

     (...tombée sur un article dans un magazine le 1er novembre : photo empruntée/ajoutée à la page ce même jour)
   

    En voyant cette femme, ce métier, et cette couleur, j'ai pensé à la sublime N. Kinski du peep-show de Paris, Texas et à son chandail rouge. Tout aussi merveilleuse est H. Noguerra, comme en un double de l'autre, dans une vidéo troublante.

 

 

    Un jour, j'ai entendu une longue interview d'une prostituée de longue date (Amsterdam ?) qui se racontait, et qui racontait les hommes et tout ce qu'elle leur apportait : elle parlait beaucoup moins de son corps que de sa bienveillance. Ses paroles étaient pétries d'humanité. Et le souvenir de son regard si profond a marqué ma mémoire au fer rouge.

 

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