Kronikole semaine 40
Lundi 2 OCTOBRE
Première séance de reprise du Pilates. Pas si en souffrance que ça, faut dire qu'elle y est allée mollo pour le premier cours. Et c'est reparti deux fois par semaine ; heureuse surprise de m'être vu [sic] attribuer une ristourne sur l'abonnement. Dans la foulée du même après-midi, séance d'ostéopathe pour mes papattes (essentiellement) et déblocage de zones raides comme la justice (qui est loin d'être assez raide, bien trop souvent, mais passons, vais pas encore m'énerver).
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En rentrant, je me suis rendu (sic) compte que mon bâtiment abandonné préféré du quartier se refaisait une santé : ils ont nettoyé quelque chose, il paraissait plus propre ou peut-être n'était-ce qu'une impression due à la lumière, et en tout cas les graffitis adjacents, ces lèpres inesthétiques du temps, avaient été effacés. Reste à savoir s'ils ont enfin décidé d'en faire quelque chose, qui hélas ne sera jamais à nouveau le cinéma qu'il fut ! Ce serait tellement bien, ça, un cinéma dans mon quartier ! Mais ce n'est pas assez rentable, même si je pense moi qu'il y a un gros potentiel de gens que ça intéresserait. Qu'est-ce que la municipalité va nous en faire, de ce truc ? Affaire à suivre, avec méfiance : car je me méfie de tout ce qui se fait, de nos jours. Et des gros sous, des pots de vin, des copinages politiques etc. etc. Oui, je sais, mes a priori (sic) sont souvent noirs.
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J'ai regardé le trottoir en face sur lequel s'étale la terrasse d'un café de mon quartier et pendant une fraction de seconde je me suis posé des questions : un jour ouvré, toute une brochette de jeunes mecs ne parlant pas français en train de siroter un café en plein milieu d'un lundi après-midi (je ne connais rien à leur vie ? non ... mais malaise quand même). J'ai même pris une photo, mais elle est tellement floue que pas montrable tant pis pour mes faux docus. (Je ne sais pas ce que je fous avec mes photos, je ne serai décidément jamais qu'un œil sans la moindre technique. Même un objet posé sur une table, je parviens parfois à l'avoir flou !). Pour compléter cette scène, deux entorchonnées sont venues s'adjoindre au tableau et je me suis sentie ailleurs. J'ai dû arborer involontairement une grimace. Les soumises aux mâles/mal, je ne les ai pas photographiées, je ne le fais jamais, ça me donne ainsi l'illusion terriblement amère et absurde qu'elles n'existent pas.
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Revu avec plaisir Sully, avec Tom Hanks, d'après une histoire vraie. Et qui fait réfléchir, en particulier, sur les conclusions (erronées) qu'on peut tirer à partir du travail de machines, quand on ne tient pas compte des paramètres humains, et aussi sur l'appui inconditionnel dont font montre certaines gens si précisément on ne leur met pas sous le nez la dimension humaine, qui change tout : édifiant !
Mardi 3
Les Français à ce que j'en ai entendu dépensent plus de quatre milliards en achats de drogues, essentiellement cannabis et cocaïne. Et si on commençait vraiment par ce bout-là de la chaîne, et qu'on punissait sévèrement ? Tous les objets illicites, dans quelque domaine que ce soit, ne se vendent que parce qu'il y a des gens pour les acheter. Simplissime ? Sans doute. Mais ça n'empêche pas de lutter quand même à l'autre bout du trafic. Si l'acheteur bobo craint pour ses fesses quand il s'achète sa ligne du dimanche, peut-être qu'il y regardera à deux fois avant de se poudrer les muqueuses. Je hais les dépendances. Celle-ci plus qu'une autre. Et je hais les connards qui esclavagisent les gens, dans ce domaine comme dans le trafic humain. D'ailleurs, ce mot, trafic, je ne l'utilise que dans un sens péjoratif, et pas pour la circulation routière, qui existe en français et veut déjà dire ça : pourquoi le remplacer par un autre ? Il me revient en tête un film ancien avec Marlène Jobert (et le regretté -par moi- Michel Folon, j'admirais beaucoup cet homme), où elle est traductrice et s'amuse de l'expression anglaise traffic jam (embouteillage), en ... confiture de trafic. Accessoirement, dans ce film, elle a un cancer du sein, ce souvenir est donc idoine, en un mois estampillé rose dédié maintenant à cette cause ... encore que je trouve étrange de dédier des jours, des semaines ou des mois à des causes qui devraient être celles de tous les jours.
Mercredi 4
Allez, la saison 2, d'une traite, de la série Back to life en replay sur arte-tv : je conseille ! Ah ces délicieux moments de glandouille-canapé : le pied ! Bon, l'humour anglais, c'est vraiment particulier ... faut aimer : c'est mon cas ... la plupart du temps.
Jeudi 5
(musée : La maison des voisins, Drôme)
Ma chronique précédente a suscité peu de commentaires. Est-ce que dans ce que j'écris, vous retrouveriez moins l'écho de vos propres actes ou questionnements ? Je parle plus souvent plus de moi et moins du monde, c'est vrai. Trop intime ? Trop auto-centré, égoïste voire égotiste ? Dites-moi en toute transparence : ça ne changera rien à ce qui sort de moi, car je suis toujours sincère et ne décide ni ne sais rien à l'avance de ce que je vais partager avec vous, puisque ce sont des élans ponctuels et que je ne contrôle pas ou peu -je ne prépare rien- mais j'aimerais comprendre : merci.
C'est marrant parce qu'après avoir écrit ça, je découvrirai d'autres commentaires, plus tardifs, mais longs et fort bienvenus ! Ce qui rend en partie au moins caduque ma remarque. Et celles, ceux qui passent, je les remercie aussi mais comme je ne vois pas leurs pas dans le sable, j'ignore s'ils se sont promenés sur ma p(l)age.
Vendredi 6
Hier, dans la même journée, vu deux films des années quatre-vingt-dix. Vertige du changement des visages. Les acteurs aussi vieillissent. Le soir, anecdotique, Ça reste entre nous : je déteste les situations à quiproquos (c'est ce qui, souvent, me fait ne pas apprécier certaines pièces de boulevard) mais là c'était assez léger, non malaisant, et plein de gens que j'aime voir jouer ; et Catherine Frot, quel charme fou ! Auparavant, dans la journée, un vieux Rochant inconnu de moi : Les patriotes, avec un Yvan Attal tout jeunot et une Sandrine Kiberlain que je n'aurais peut-être pas reconnue au premier coup d'œil. Film étrange sur les services secrets israéliens mais non aride malgré le sujet. La confirmation, s'il était besoin de préciser la chose, que ce qui se passe en underground me dépasse complètement. Heureusement que mon compagnon est plus au fait que moi en politique pour me donner, en arrêt-pause, quelque précision afin que je puisse -un tout petit peu- saisir davantage tel ou tel sous-texte.
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J'étais une cible, manifestement, dans mon rêve, où je découvrais, collé à même un morceau de mur posé sur une table de nuit, un article de journal où mon nom était inscrit en gros. Je ne comprenais pas. Dans la même maison était une jeune enfant que je voulais défendre, sans savoir contre qui, car des bleus énormes sur son dos manifestaient une maltraitance évidente. Je pleurais et la prenais dans mes bras, luis disais que je l'aimais. Elle, devant un lit sans matelas, tentait de se justifier comme si rien de mal ne lui arrivait.
Je pense que les fictions que je vois me prennent la caboche. Même si c'est au moins aussi parfois la réalité.
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Devant mon ordi, je me suis hâtée de jeter à la corbeille les messages ne passant même plus par les spams et me/nous mettant en garde contre l'avancée progressive et conquérante d'un islam agressif (refus de l'interdiction de robe religieuse et autres joyeusetés). Dès le matin plonger dans la dégénérescence de l'avenir c'est trop ; j'en sais déjà beaucoup et à quoi bon me faire mal davantage, quand je ne peux rien faire d'autre que ressentir de la haine et de la révolte permanentes ?
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On va (heureusement qu'IL me pousse) jusqu'à Chemin vert voir les expos du moment à la galerie Polka :
Samedi 7
IL fait triste mine. Quand il fronce comme ça, je devine qu'il souffre bien plus que d'hab.
- Tu as mal !
- Oui.
- Je sais que t'évites quand tu peux, mais là tu devrais quand même prendre un tramadol !
- J'attends un peu.
- Quoi ?
- Des fois que ça se tasse.
Je ne peux m'empêcher de rire à ce jeu de mots involontaire. Son mal de dos, qui se chronicise, provient d'un tassement de vertèbres. Du coup, l'espace d'un instant, il sourit aussi.
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On se regarde un truc sur Paramount Channel : on a choisi Fusion, un très vieux film de science-fiction genre BD-Jules-Verne, dont une des premières scènes me rappelle le film à l'avion précédent, puisque la navette spatiale, d'ailleurs fuselée comme un avion, est contrainte de se poser en catastrophe alors que la zone est citadine.
Remarque banalissime, presque chaque fois que je vois un film de science-fiction, je pense à Major Tom ou à d'autres chansons de Bowie :
(Starman)
Le film, on le verra en quatre ou cinq fois, attention -et un peu plus- détournée par une belle voiture bleue ancienne en contrebas, mais c'est une autre histoire, que je vous narrerai peut-être au cours de la semaine à venir.
Dimanche 8
IL est parti pour quelques jours, et comme d'hab j'ai anesthésié mon blues devant un film, puis deux. Love story s'imposait, dont j'avais raté la rediffusion sur arte, et que j'ai trouvé sur Paramount : au bout de vingt minutes, le film m'ennuyait déjà ; comment pouvais-je avoir un souvenir attendri d'un aussi mauvais film ? Et puis mes Nuits de la pleine lune, que je pourrais revoir sans cesse (comme je pourrais lire encore et encore Les choses de Perec) mêlant attraction et répulsion, attirance et incrédulité pour ce drôle de personnage, Louise, jouée par une Pascale Ogier au corps parfait et au mystère insondable, fascinante autant qu'agaçante. Ce genre de personne qui donne alternativement, sinon en même temps, envie de prodiguer des caresses et des claques.
(Bricolage à partir d'un livre)
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Est-ce que ne pas parler de quelque chose de monstrueux fait de nous des monstres ? C'était mieux quand dans les infos on montait les punaises de lit en épingle ! Que dire sinon la rage et l'envie de sanglots devant la barbarie ?
Sur un froissement de schizophrénie, en passant d'une chaine à l'autre, sans transition, de sujet légers, inconstants, voire très cons, aux chaînes d'info où l'on parle parle parle, ce qui ne changera pas un cours des choses qui nous dépassent. Et quels actes ? L'intelligence, la raison et le bon sens effacés par la brutalité, c'est notre lot de victimes en devenir, en absence de devenir d'avenir supportable, vivable.








