Rejets
Au départ !
Quand j'étais gamine, à la campagne, c'était, le midi, un dimanche lapin, un dimanche poule. Les souvenirs sont faits aussi, beaucoup, pour beaucoup, de ces plats qui étaient habituels en famille. J'ai de ma mémoire culinaire d'antan des images touchantes, et encore le goût prononcé de quelques recettes des plus exquises : le lapin au vin blanc, la purée, les pierogis, les choux en cocotte, la jardinière de légumes nouveaux, la tarte à la rhubarbe ... tant d'autres encore ... Un de mes chemins littéraires encore inexplorés : sans être Proust, chacun peut évoquer ses madeleines ... j'ai toujours dans l'idée que je finirai par le faire, mais en aurai-je le temps et me le donnerai-je, cela est une autre histoire.
Tout ça, rose, pour en arriver à quelque chose plutôt vert-de-gris ... Notre rituel d'aujourd'hui, c'est, le dimanche, bouchées à la reine ; il se trouve que celles du traiteur Monop sont très bonnes et une fois de plus, le four embaumait de pâte feuilletée pleine de ces bonnes choses.
Et puis, gasp et patatras le repas ... que découvré-je ? ... ça :
De la moisissure (que je n'avais pas remarquée à l'enfournage) ! Beurk ! Dégueu !
Bien sûr, dès le lendemain, nous retournons au magasin avec l'objet du délit.
À l'accueil, pas le moindre haussement de cils, pas d'excuses au client, bon, on nous rembourse, quand même (par quel miracle avais-je gardé le ticket de caisse ?) et on nous envoie au rayon traiteur en causer.
Laquelle jeune femme traiteuse (comprenant peu le français, et ceci est seulement un constat) nous renvoie en causer à l'accueil.
Heureusement, dans l'intervalle de cette phrase, la responsable du rayon, très aimable, se présente. S'ensuit une longue conversation sur les potentielles origines, inconnues, qui ont mis les produits dans cet état. D'ailleurs, d'autres délicieuses similaires sont encore à la vente sous nos yeux éplorés. Elle se hâte de les ouster et se répand en excuses à l'endroit de notre déconvenue ! Nous propose par ailleurs gentiment quelque chose de gratuit en dédommagement. Comme nous sommes téméraires, nous acceptons, non sans avoir regardé à la loupe la gueule des propositions. Moins courageuse que mon compagnon, j'opte pour une quiche sans viande, ça me rassure ...
La dénommée Mylène, d'apparence asiatique, a une écriture fort jolie ...
À défaut de nous régaler de ce que nous souhaitions manger a priori, nous revenons avec un repas gratos.
À l'arrivée
Sur le chemin du retour, on avise une poubelle étrange, première fois que je vois ça :
... une poubelle estampillée : "refus de tri" ... il est vrai que si souvent on remarque n'importe quoi n'importe où : vert, c'est pour le verre ... des petits plaisantins y auraient-ils mis des végétaux ou des gougnafiers du tout-venant ? Tout est possible.
Épilogue
J'en étais là de mon article, terminé et prêt à être envoyé à la répartie de vos commentaires véloces, que ma machine à laver me fit savoir clong mon cycle est terminé : il était temps de vider rapidement les vêtements qu'elle venait de brasser, sans quoi ils eussent donné l'impression, pour parler vulgairement, de sortir de la gueule d'une vache, autrement dit d'être moultement froissés par l'attente.
Je me précipitai donc vers le lave-linge, non, pas celui-là (depuis, il a été changé ...), en ôtai le contenu, et me retrouvai sur la terrasse à étendre le linge sur mon tancarville (une de mes marottes photographiques, comme vous pouvez, si ça vous dit, le constater en suivant ce lien !) Et alors là, LÀ, je vois en contrebas des objets manifestement sortis de poubelles se mettre à voler. En me penchant, je constate qu'un type en jaune a ouvert un container et fllllpppp ! bouteilles et papiers ont pris un coup de vent frivolant pour atterrir sur la chaussée. Le type a l'air de s'en foutre comme de l'an quarante d'avoir ouvert la boîte de Pandore, il ne récupère rien et mon sang ne fait qu'un tour ! Je gueule et gueule encore. Il finit par m'entendre. Je fais des grands gestes, lui montre les trucs qui commencent à se disperser méchant ! Que dalle ! Il s'en tamponne ! Je vois rouge.
Je descends !
Je ramasse ce que je peux et les apporte aux mecs qui eux attendent tranquillement appuyés sur les poubelles que leur camion arrive. Je fais des allers-retours, y'en a ici et là, je fais gaffe, les voitures s'arrêtent et me sourient. Les glandeurs jaunes, eux, se marrent et sont étonnés que je vienne leur faire des remarques : C'est pas nous madame c'est le vent ! Ben ouais, du coup, laissons la rue dégueu pas vrai ?!
Je remonte, remontée toujours ... Paraît que j'ai manqué me faire écraser ! Mais non, j'étais très attentive. Il a fait une petite vidéo de mézigue déboulant et m'agitant en bas : ça m'amuse de me voir comme ça et je finis par en rire ! Il me dit que je devrais la poster ici ... bah, pourquoi pas ... voilà !
Et bonne soirée à vous tous !