Eklablog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La modernité

Publié le par Nikole

 Chapitre 1

 

 

    Je me souviens qu'à l'époque où la télévision était pourvue d'un tube cathodique, j'habitais alors Vandœuvre, en Lorraine, le réparateur, triste, quand il est venu un jour évaluer la gravité de la panne, s'appelait monsieur Lheureux.
    Je me souviens que je savais qu'il n'y avait pas à s'inquiéter de l'arrêt d'une émission quand s'affichait : "Veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée de notre programme !" : nous n'étions pas en cause, ça n'avait rien à voir avec nous et ça allait revenir automatiquement : une speakrine-tronc nous faisait d'ailleurs après, souvent, un ptit coucou, histoire de.
    Je me souviens de l'époque où les téléphones étaient fixes, lourds, à grande roue numérotée, gris, et en bakélite. Et aussi, encore avant, de l'époque où nous n'en avions même pas encore un comme ça à la maison.

 

 

Quel grands écarts nous vécûmes dans nos vies, nous les nés dans les années 50 !

 

 

 Chapitre 2

     C'est un fait entendu : je ne comprends rien à la technique et même si je me gourmande au fil du temps en tentant de ne paniquer point dans les moments où la situation m'échappe, l'incompréhension et le manque de contrôle en face d'une télé, d'un ordinateur, d'une imprimante (connectée), d'une box qui ne répondent plus à l'appel et au besoin que j'en ai dans l'immédiat me font paniquer, perdre mon sens des réalités, faire dysfonctionner mes fibrilles, me mettre, tout au moins au moment où je m'en aperçois, perdant toute raison raisonnable, dans un état proche de l'Ohio ou d'ailleurs, et à la limite, bien (trop) souvent, du malaise vagal.

 

 

    Mais je me gourmande, disais-je, verbe en inadéquation parfaite avec le sentiment festif que sa famille lexicale induit. Et je lutte, oui, je lutte contre ma peur, j'essaie des trucs quand un nappareil merdoie : je débranche, je rebranche, j'attends, j'essaie le calme, mais pour mon calme non plus, ça ne fonctionne pas !
Cette fois fut, une fois de plus et toujours de trop, ruine de nerfs qui m'épuisa.

   Je lance l'imprimante et rien ne se passe. Ce n'est pas la première fois, les réseaux sont sans doute trop saturés pour qu'elle cause avec moi, et j'attends que ça revienne à la normale, c'est ce qui a eu lieu la dernière fois. La toute première, de fois, j'avais passé une heure au téléphone avec un conseiller qui avait tout fait en hot line, prenant même la main sur mon ordi sous la pression de mes supplications, alors qu'il m'enjoignait à seulement débrancher puis rebrancher ... le fil idoine ... "euh, c'est-à-dire ?" avais-je demandé, "il y en a partout" ... il avait eu pitié : je remercie encore rétrospectivement cet homme pour sa patience et son abnégation. Mais en principe dans ce même cas, a priori, je devrais, j'aurais dû moins m'inquiéter.

    Et donc j'essaie et réessaie mais l'interface me dit que je ne suis pas connectée. Je débranche là où je sais depuis peu qu'il faut débrancher et rebranche, mais l'imprimante est toujours absente des radars. Ça dure et je commence à m'inquiéter. Je redébranche, l'interface me dit des trucs que je ne comprends pas et dont je fais fi, du coup. J'attends encore, que ça revienne comme par magie, que le miracle opère.
Dans ces cas-là, on devrait quitter les lieux un moment, chépa, faire autre chose, ailleurs, s'éloigner de l'objet du conflit, j'allais écrire du délit ! mais moi, en général, je fais le contraire, je persiste, je m'agrippe, je regarde l'appareil sous son nez, je le hume, je l'engueule, je le prie. Je me comporte en idiote finie et animiste.

    Pour me détendre, je décide de regarder la télé, mais ... non ! elle ne fonctionne plus non plus, cette sal.... Bah ! me dis-je, car je ne parle pas qu'aux machines, mais à moi-même en sus, tout ça ne fait parfois peut-être qu'un bloc, je vais réinitialiser la bête (je sais où est le fil !) : je débranche, et je rebranche, c'est bon ? c'est bon. Petits trémolos de plaisir. Pu besoin, je referme.

   Bêtement je reviens vers l'interface imprimante, mais rien à faire, toujours pas ... laisse tomber ! plus tard ...

  Inquiétude des vases et vastes communicants: je retourne vers la télé : marche pas ! Décharge électrique (non, pas la télé, moi, le stress ! arghhh !!!) Débranche etc., ah ! ça se remet à la vue ; j'essaie le replay. Musique. "Tears for fears" : leur histoire ... rien ne se passe, l'image reste fixe comme une page bloquée sur la table des matières ; je quitte le replay et repasse sur les chaines : marche pas !


Come on, come on, i'm talking to you ... (bord.. !)

 

      Je débranche encore, rebranche : le bousin tourne, cherche le réseau, me propose de me connecter au wifi ; je comprends rien à ce qu'elle me jacte (cette sal...), on ne me demande jamais ça d'habitude ! J'en ai marre, je suis au bord de l'esclandre ... euh non, carrément d'dans, je palpite de toutes mes branchies. Je ferme.


 

    Je débranche, rebranche, serre les dents, les fesses, tout ce que vous voulez ... la réinitialisation se fait mais les quelques minutes passées juste avant m'ont rendue très méfiante. Je halète de peur, je clique et je mets une chaîne au hasard, BINGO ! j'essaie le replay, dans la foulée, soyons folle ! Quelle audace ! ... BINGO !  Je suis en transe, en nage ! Liquéfiée.

    L'imprimante se met à s'agiter, (elle émet des sons, fait de la lumière) sans imprimer pour autant. J'appuie à nouveau sur "imprimer" , ce qui est inutile et bête car quand on a déjà appuyé précédemment, la demande a été enregistrée même si ça ne fonctionne pas aussitôt. Au bout d'un long, trop trop long moment, la machine a retrouvé son allant et me crache l'impression demandée, en deux exemplaires bien sûr.

   Je bénis je ne sais qui ni quoi d'être comme redescendue sur terre sans me crasher. Cockpit sous contrôle ? Atterrissage réussi pour cette fois. Mes cervicales sont bétonnées.

   Les battements de mon cœur reviennent à la normale. Swich off l'angoisse, une fois de plus. La vraie vie recommence dans sa bienheureuse banalité tranquille ... disons-le comme ça ...

 

Les appareils modernes

 

Épilogue

    Depuis que le père Noël m'a offert cette imprimante, je ne taris pas d'éloges sur sa fiabilité et son efficacité, oui, je le fais très souvent ... à cela près que c'est comme pour tout, les machines c'est utile et extraordinaire quand ça fonctionne bien, et qu'on SAIT quoi faire quand ce n'est pas le cas. L'expérience semble me montrer qu'il y a des heures pleines ... pour l'instant, hasard ou pas, l'imprimante incriminée a ses malaises autour de 15 h !
    Et puis faut que j'arrête de focaliser comme ça, et de m'inquiéter vite et trop ... d'ailleurs, j'ai tenté ce jour d'écouter un début de truc sur la méditation ... mais j'ai vite arrêté ... ça m'énervait !!!

 

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>