KroniK68 (2023-semaine13)
Lundi 27 mars
Bagarre des nerfs avec l'onde numérique.
Mardi 28 mars
La technique qui, à nouveau, m'escagasse les nerfs.
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Heureusement, le soir, et après les déboires du matin déjà oubliés, un théâtre1 assez joyeux, d'autant que nous y fêtions au champagne l'anniversaire de l'une des nôtres. Léger.
CLIC !
En rentrant dans le noir, toujours cette quiétude sur le chemin. Et les lumières. Et le silence. Et les rues vides. Et l'envie de photos comme pour accrocher le temps, là, tout de suite. Et ce moment. Ce moment-là.
CLIC !
CLIC !
Mercredi 29 mars
Toinette m'appelle à l'aide. Elle a un coup de cafard. Me dit : Avec Nicole on rigole ! Tant mieux si je peux amuser d'autres que moi, que je n'amuse plus beaucoup.
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Assaillie de mots je suis : Les femmes savantes, Les trois sœurs, miss Julie, Chimène, quatre fronts, appelez-moi shiva la déesse poly-bras et poly-cervelet, tant qu'on y est (rime).
Jeudi 30 mars
Au théâtre2, ce jour, on dépasse largement le temps dévolu au cours : au lieu de 16h30-19h, on en aura terminé que trois quarts d'heure plus tard ... je trouvais le temps un peu long, j'avais froid et faim, mais ce n'est qu'une fois sortie que je me suis rendu compte de l'heure ... faut pas exagérer, tout ça commence à prendre beaucoup de place ... j'aime bien, mais je fatigue ...
Pendant Les trois sœurs, la Macha que je suis chantonne. Je me laisse aller aux mélodies qui me viennent spontanément. Un comédien m'a fait remarquer il y a quelque temps que je fredonnais quelque chose qui ressemblait à L'auvergnat. C'était vrai, mais je ne m'en rendais pas compte. Ce jeudi, j'avais changé de registre, sans savoir quand, et je chantais doucement, au ralenti, ça (pourquoi ?) :
... un rapport quelconque avec La dentelière ("Pomme") ? Appelez moi Anna Logis !
Vendredi 31 mars
J'entends passer le vent au sol de la fenêtre, là, au bord de cette vitre que traverse en contrebas le fil de l'autoroute. Et pourtant, même comme ça, sans la proximité d'un paysage magique ce son m'émeut et me remue l'âme d'un plaisir poétique étrange et profond. J'aime le vent, ce souffle tellurique qui envague mes voyages intérieurs.
Le vent, c'est aussi pour moi une image, celle de Marie Rivière, perdue dans sa vie, lors d'une séquence du "Rayon vert" : la scène est triste, elle pleure seule, errant auprès d'arbres agités par le vent. Ce n'est pas le propos du film, mais je veux moi y comprendre que le vent sèche ses larmes, et que confrontée à la puissance symbolique des éléments, notre souffrance bat moins fort, assourdie par ce qui me serait presque une protection.
J'ai de la chance, l'extrait exact que j'évoquai, je l'ai trouvé sur YT.
Un jour oui j'ai tenté de capturer le vent et sa chanson, dommage, bruit parasite comme les frictions d'objets sur un bateau qui couine. Appareil amateur, mais sensations tangibles, quand même.
(vidéo-Krop)
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Ce qui me déstabilise chaque fois, en fait, c'est surtout la rapidité inopinée de l'attaque. Je suis bien, normale, il ne se passe rien de spécial (en tout cas qui soit conscient) et tout à coup, cette forte pression dans la gorge, le cœur qui tachycarde et la peur qui monte et se nourrit d'elle-même. Qu'ai-je donc ? Crise d'angoisse ? Maladie fulgurante mortelle ? Le souffle s'appauvrit. Je suis perdue. Questionnante. Je me mets à faire les cent pas doucement en m'engueulant (ce qui ne fait pas avancer le schmilblick). Je me sens mal. Ça ne s'arrête pas, ça enfle (au propre ou au figuré, je ne sais pas, mes perceptions s'emmêlent). J'appelle un généraliste. Absent. Je mets mes baskets, prête à foncer à la pharmacie d'à côté avant de m'écrouler. Au bout de vingt minutes (au moins ce n'est pas un œdème de machin, je serais déjà morte) c'est toujours pareil, non, pire, aucun calme, au contraire, des trucs montent : envie de pleurer, battement pulsatile oppressant dans la gorge, lèvre que je sens trembler (et qu'en plus, c'est ptêt même pas vrai !) et je me mets à paniquer vraiment sévère. Je fais le 15, mécontente de déranger, le disant (mais qui a appelé, vieille péronnelle ? ... toi !) On me passe un toubib rapidement, long interrogatoire, je m'escuse sans cesse, je sens que ça l'agace, il poursuit son investigation, conclut au même diagnostic que le mien, me rassure. Je me sens baisser la tête après le coup de fil. J'ai honte d'être aussi trouillarde. Je déteste l'incompréhension. Le manque de contrôle. C'est probablement ça le nœud du problème : ce sentiment d'abandon du contrôle dû à l'incompréhension de ces choses du corps qui me tombent sur le cerveau. Ou plus plausiblement le contraire !
Après, quand la mer est redevenue calme, j'oublie la tempête passée. Jusqu'à la suivante.
AVRIL
Samedi 1er
Mon amie "Kik" fête aujourd'hui son anniversaire de bélière-poisson-de-premier-avril. De ces dates qu'on n'oublie pas, dates-repères. Je la suivrai en anniversaire, ce mois, vers la fin, en un jour beaucoup plus lambda.
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CLIC !
Courses. Sur le chemin. Toujours attendrie par les gens qui lisent, j'aime bien immortaliser ce moment.
À deux pas d'elle, deux générations, une peau tendre, une autre qui le fut et qui l'est encore, mais d'une autre façon.
CLIC !
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Demain, représentation. Toinette me fait réviser. Dans la foulée, au vu de l'heure, dîner de camionneurs : brouilly, pain et jambon cru.
Dimanche 2 avril
On va rejouer Les femmes savantes, dans un hosto, à Ivry. Puissions-nous divertir les spectateurs par un jeu enlevé, maîtrisé et drôle, en écrasant le fichier de dimanche dernier.
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On a joué. C'était mieux que la dernière fois mais pas moyen, pour personne, de dire tous les vers sans se planter -un peu- à un moment ou à un autre. Mais cette fois-ci, un plus d'intensité, de présence. Pour la première fois quelques rires sonores dans la salle. Un beau moment. Un partage.
Ce stress, cette angoisse de rater, avant. Ce cœur qui cogne, ce cerveau qui a peur de s'emmêler les crayons.
Cette force prégnante sur scène, cette solidarité.
Ce soulagement quand c'est fini.
Bande de masos ! Pêcheurs de jeu, de justification d'existence, orpailleurs du sens.
Cette activité me mange un peu trop. Je ne quitterai pas le bateau -les bateaux- qui navigue(nt), un peu éloignés de la rive encore, en débordant sur l'année prochaine, jusqu'à la scène-port, mais après, je m'arrête un temps, je reste sur le quai, à faire d'autres choses dont je rabote le temps de jouissance alors qu'elles me sont importantes, et puis, vivre davantage l'amour, l'amitié ! Suivre des chemins plus balisés, ou tout au moins pourvus d'autres balises. Comment font-ils donc, les gens qui s'ennuient ? Pourquoi les travail-pur-et-dur critiquent-ils les retraites si pleines que le temps est difficilement perceptible et coule entre nos mains comme du sable échappé, dispersé par le vent ?




